Il s’agit de l’une des premières opérations internationales de ce type. Au moins 25 individus ont été arrêtés pour la diffusion en ligne de contenus pédopornographiques générés par l’intelligence artificielle (IA), a annoncé Europol vendredi 28 février.

« L’opération Cumberland a été l’une des premières affaires impliquant du contenu pédopornographique généré par l’IA, ce qui rend la tâche des enquêteurs particulièrement difficile en raison de l’absence de législation nationale concernant ces crimes », a déclaré dans un communiqué l’Agence européenne de police, basée à La Haye.

La majorité des arrestations ont eu lieu mercredi lors d’une opération mondiale menée par la police danoise et à laquelle participaient les forces de l’ordre de 18 autres pays, dont la France. L’enquête, toujours en cours, pourrait conduire à d’autres arrestations, a précisé Europol.

Augmentation exponentielle des contenus pédocriminels

Le coup de filet fait suite à l’arrestation en novembre du principal suspect dans l’affaire, un ressortissant danois qui gérait une plateforme en ligne sur laquelle il distribuait le contenu généré par l’IA qu’il produisait. « Après un paiement symbolique en ligne, des internautes du monde entier pouvaient obtenir un mot de passe pour accéder à la plateforme et regarder des enfants être abusés », a déclaré Europol.

« L’exploitation sexuelle d’enfants en ligne reste l’une des manifestations les plus menaçantes de la cybercriminalité dans l’Union européenne », a souligné Europol. Elle « continue d’être l’une des principales priorités des forces de l’ordre, qui doivent faire face à un volume toujours croissant de contenus illégaux », a ajouté l’agence.

« Ces images générées artificiellement sont si facilement créées qu’elles peuvent être produites par des individus ayant des intentions criminelles, même sans connaissances techniques approfondies », a déclaré Catherine De Bolle, directrice exécutive d’Europol. « Cela contribue à la hausse des contenus d’abus sexuels sur mineurs et, à mesure que le volume augmente, il devient de plus en plus difficile pour les enquêteurs d’identifier les auteurs ou les victimes », a poursuivi Mme De Bolle, citée dans le communiqué. « Les forces de l’ordre devront élaborer de nouvelles méthodes et de nouveaux outils d’enquête pour relever ces nouveaux défis », a-t-elle ajouté.

Réglementation commune

Les Etats membres de l’Union européenne discutent actuellement d’une réglementation commune pour faire face à « cette nouvelle situation », a noté Europol, soulevant que l’utilisation de l’IA pour créer des images de violences sexuelles sur des mineurs « pose des défis importants aux autorités pour identifier les vraies victimes ».

« Même dans les cas où le contenu est entièrement artificiel et où aucune victime réelle n’est représentée, comme dans l’opération Cumberland, le contenu pédopornographique généré par l’IA contribue toujours à la chosification et à la sexualisation des enfants », a déclaré Europol.

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D’après l’organisation Internet Watch Foundation (IWF), basée au Royaume-Uni, de nombreuses images et vidéos d’enfants maltraités sont si réalistes qu’elles peuvent être très difficiles à distinguer d’images d’enfants réels. Europol a affirmé qu’elle prévoit de lancer une campagne en ligne dans les prochains jours pour mettre en évidence les conséquences de l’utilisation de l’IA à des fins illégales et cibler les délinquants potentiels « là où ils sont le plus actifs : en ligne ».

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Le Monde avec AFP

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