
Tir réflexe, effet tunnel, action de tir unique… Cette quatrième journée de procès, consacrée à l’interrogatoire de Gilles G., a été l’occasion pour le policier de distiller un lexique bien structuré. Objectif : démontrer à la cour d’assises de Versailles la légitimité, et donc la légalité des tirs qui ont tué Olivio Gomes, le 17 octobre 2020, un résultat qu’il ne souhaitait pas.
Droit dans son costume sombre, les mains cimentées dans le dos, le gardien de la paix a mis ses pas dans ceux de ses deux collègues de la brigade anticriminalité de nuit de Paris, auditionnés la veille, qui n’ont reconnu aucune faute. Dans la nuit du 16 au 17 octobre, les trois fonctionnaires patrouillaient ensemble, sur le périphérique. Ils avaient discrètement suivi la Clio d’Olivio Gomes, après que celle-ci les aurait dépassés alors qu’ils étaient eux-mêmes à la vitesse maximale autorisée.
Trente kilomètres et vingt minutes loin, après avoir quitté leur zone de compétence en tardant à en informer leur salle de commandement, les fonctionnaires se garent tout contre la Clio, qui vient de s’arrêter au pied de l’immeuble où vit Olivio Gomes, à Poissy (Yvelines). Celui-ci venait de commettre un « refus d’obtempérer simple » : sur l’A13, malgré les injonctions, il n’a pas emprunté les sorties indiquées et est rentré chez lui, en respectant les limitations de vitesse.
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