
Le 20 février, Ousmane (un prénom d’emprunt) a ramassé quelques affaires et a fui. « Depuis, témoigne le Sénégalais, sous le couvert de l’anonymat, je vis caché, dans une ville dont je ne peux pas donner le nom. Je suis pétrifié. Le voisinage a appris des choses sur ma vie. Ils savent que je suis homosexuel. » Si l’information circule, poursuit le trentenaire, « je risque d’être tabassé et arrêté, ou arrêté puis tabassé. Je ne vois pas d’autres solutions que de partir à l’étranger dès que je peux ».
Dénonciations, racket, agressions… Depuis plusieurs semaines, au Sénégal, les personnes homosexuelles ou supposées font face à une explosion d’hostilité, dans un pays déjà marqué par des mobilisations homophobes régulières cette dernière décennie.
A la suite d’arrestations, en février, de quatorze membres supposés d’un réseau pédocriminel visant de jeunes garçons et, deux jours plus tôt, d’un groupe de douze hommes accusés d’homosexualité, parmi lesquels des personnalités médiatiques – les deux affaires n’ayant aucun lien entre elles –, la violence contre les homosexuels se déchaîne.
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