Des personnes déplacées font la queue pour recevoir des repas au camp de Thobo, dans le comté d’Engpung (Soudan), le 29 janvier 2026.

Des experts mandatés par l’Organisation des Nations unies (ONU) ont déclaré, jeudi 5 février, que la famine menace de s’étendre à deux nouvelles régions de l’ouest du Soudan, à la suite de la chute d’El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, qui a poussé des populations affamées vers des zones voisines déjà fragilisées.

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« Les seuils pour la malnutrition aiguë ont été dépassés » dans les localités d’Oum Barou et de Kernoi, près de la frontière tchadienne, ont fait savoir les experts du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, un organisme mandaté par l’ONU et basé à Rome.

A Oum Barou, 18,1 % des enfants de 6 mois à 5 ans souffrent de malnutrition aiguë sévère. A Kernoi, leur taux est de 7,8 %. La situation s’explique, selon les experts, par un « afflux massif » de civils après la chute d’El-Fasher, dernier bastion de l’armée au Darfour, tombé fin octobre aux mains des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

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« Pire crise humanitaire au monde »

L’offensive des FSR, marquée par des exactions et des violences sexuelles, a provoqué le déplacement de plus de 127 000 personnes, selon l’ONU, exacerbant la pression sur « les ressources et les capacités des communautés locales », estiment les experts.

La guerre meurtrière entre l’armée et les FSR ravage le Soudan depuis avril 2023. Près de trois ans de guerre ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné environ 11 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».

Plus de 21 millions de personnes sont désormais confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, et les deux tiers de la population ont un besoin urgent d’aide. L’ONU a averti que leurs stocks d’aide alimentaire pourraient être épuisés d’ici à la fin de mars.

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Le Monde avec AFP

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