
A la tête de la Compagnie 111 depuis 2000, Aurélien Bory, directeur du Théâtre Garonne, à Toulouse, se distingue par une vision scénographique affirmée qu’il met en avant dans chacun de ses spectacles. Avec plus d’une vingtaine de créations à son actif, dont cinq opéras, collaborant autant avec des chanteurs, des comédiens, des danseurs qu’avec des artistes de cirque, il lance la première édition du Festival Scéno. Planter le décor, qui se déroule du 15 au 31 janvier, avec des spectacles et des débats.
Pour quelles raisons avez-vous imaginé ce nouveau festival consacré à la scénographie ?
L’idée de ce festival, qui est une première en France, est une manière de rappeler ce qui est, selon moi, le premier geste du théâtre : trouver un espace et le penser. L’idée même de théâtre émerge d’une proposition scénographique. Pour faire théâtre, il a fallu trouver un lieu, l’orienter, et c’est le premier acte de la naissance du théâtre, avec, d’un côté, les acteurs et, de l’autre, les spectateurs. En tant que directeur du Théâtre Garonne, qui est par ailleurs une salle incroyable installée dans une ancienne station de pompage des eaux de la Garonne, et étant donné ma démarche de création ancrée dans la scénographie, cet art de créer et de construire des espaces que l’on appelle parfois « décors », j’ai eu envie de rappeler cet élément fondateur. L’un des enjeux de Scéno est peut-être cela : célébrer ce moment premier où l’espace devient théâtre.
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