Quatre associations annoncent se joindre à l’action intentée par Pesticide Action Network devant le Tribunal de l’Union européenne.
Les organisations contestent le refus de la Commission européenne de revoir sa copie sur l’autorisation du glyphosate.
L’institution a renouvelé l’approbation de la substance pour 10 ans malgré des alertes sur ses effets nocifs pour la santé.
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Le glyphosate autorisé 10 ans de plus dans l’Union européenne
Le combat des associations contre le glyphosate se poursuit. Quatre associations françaises (le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest, Foodwatch, France Parkinson et l’UFC-Que choisir) annoncent mercredi 2 avril se joindre à l’action intentée par Pesticide Action Network (PAN) sur le glyphosate. Le réseau, qui regroupe des organisations comme Générations Futures ou ClientEarth, conteste devant le Tribunal de l’Union européenne le refus de la Commission de revoir sa copie sur le pesticide controversé.
Non-respect du principe de précaution ?
En novembre 2023, l’Europe avait décidé de renouveler l’approbation du glyphosate pour dix ans, s’appuyant sur un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui avait alors estimé que le niveau de risque du produit ne justifiait pas son interdiction. Une « évaluation des risques contestable, pointent les organisations dans un communiqué, qui a largement ignoré une grande partie des études scientifiques indépendantes au profit de travaux financés par l’industrie ».
Face au refus de la Commission européenne de réexaminer sa décision après une demande officielle du réseau PAN, les organisations ont donc décidé de se tourner vers la Cour de justice de l’Union européenne (CUEJ). Une action que Le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest, Foodwatch, France Parkinson et l’UFC-Que Choisir ont rejoint en déposant, le 25 mars dernier auprès du Tribunal de l’Union européenne, une demande d’intervention afin de venir en soutien du recours en annulation du refus de la Commission européenne.
Les associations estiment que la Commission « n’a pas respecté le principe de précaution ancré dans le droit européen ». « La santé humaine et l’environnement doivent primer sur les intérêts économiques des fabricants de pesticides », estiment-elles encore dans leur communiqué.
Le risque sur la santé du glyphosate est au cœur des débats depuis des années. Le produit – interdit pour les particuliers en France depuis 2019 – est classé comme « cancérogène probable » pour l’Homme depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des conclusions confirmées en 2021 par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), organisme français de recherche scientifique.