
Dans son regard, il y a comme une pointe de surprise sur les photos prises à la mairie de Liévin (Pas-de-Calais) à l’heure des résultats du second tour des élections municipales, dimanche 22 mars. Dany Paiva, 30 ans, vient de faire tomber la liste du sénateur socialiste Jérôme Darras, à la surprise générale, avec 53,58 % des voix. Le Rassemblement national (RN) avait beaucoup misé sur Lens (Pas-de-Calais), la voisine, finalement conservée par le Parti socialiste (PS) dès le premier tour. Mais Liévin… Ici, au cœur du bassin minier, où le charbon a façonné le territoire, les corps et les engagements militants, les élections se suivaient et se ressemblaient toutes. Henri Darras, père de Jérôme, maire PS de 1952 à 1981. Jean-Pierre Kucheida, de 1981 à 2013. Ce dernier dirigeait aussi l’agglomération et l’organisme gestionnaire du logement minier. Il tenait tout.
Liévin, c’était aussi la plus grosse section socialiste de France, hors Paris. Un fief, avec ses barons, ses fidélités, ses affidés, sa fierté minière, ses souvenirs toujours vivants de la catastrophe de 1974, quand 42 mineurs sont morts ensevelis au fond et qui marquera le début du déclin de l’industrie minière. « Quand Dany Paiva m’a dit qu’il voulait se présenter à des municipales, je lui ai proposé Liévin, et lui ai dit que ça serait très difficile », raconte le député RN Bruno Bilde, l’un des artisans de l’implantation de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où elle est élue députée. « Tout le monde me disait que c’était ingagnable », se souvient Dany Paiva, car « Liévin était tenue d’une main de fer par Laurent Duporge [le maire PS sortant], qui a quand même réalisé de beaux projets. »
Il vous reste 66.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

