Des soldats du M23 patrouillent à Rubaya (République démocratique du Congo), le 30 janvier 2026.

Jamais, depuis la reprise de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) en novembre 2021, le mouvement rebelle de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) n’avait frappé aussi en profondeur, si loin de ses bases. Dans la nuit de samedi 31 janvier au dimanche 1er février, l’aéroport international de Kisangani, centre névralgique pour les opérations des Forces armées de RDC (FARDC) contre l’AFC/M23 et ses alliés rwandais, a été la cible d’une attaque de drones d’une ampleur inédite.

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Selon une source sécuritaire, un premier drone suicide est tombé à proximité des installations aéroportuaires et n’aurait pas fait de dégâts. « Assez rapidement, les dispositifs de brouillage turcs des FARDC ont été activés et ont perturbé les autres drones, poursuit cette source. Certains, mais pas tous, ont explosé loin de l’aéroport. » Huit appareils armés auraient été détruits. D’autres incursions de drones kamikazes auraient encore eu lieu jeudi matin, toujours selon des sources sécuritaires.

On ne sait pas précisément d’où ces drones ont été tirés. « Ces frappes semblent avoir été lancées depuis les positions du M23 dans le Nord-Kivu », avance Ladd Serwat, chercheur principal à ACLED (Armed conflict location and event data). L’analyse des images vidéo circulant sur X indiquerait, selon plusieurs spécialistes, qu’il s’agit de drones kamikazes armés de type Yiha-III, développés par la Turquie et le Pakistan. Leur portée maximale est d’environ 200 km, loin de Goma, la « capitale » de la zone rebelle, ou du Rwanda.

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