
Douze ans après l’attaque des monts Sinjar en Irak, en août 2014, qui marquait la phase initiale d’un vaste plan d’éradication de la communauté yézidie, la justice française se penche, pour la première fois, sur les crimes perpétrés à l’encontre de cette minorité par l’organisation Etat islamique (EI) à l’occasion du procès d’un djihadiste français, Sabri Essid, jugé à partir de lundi 16 mars, devant la cour d’assises de Paris, pour génocide et crimes contre l’humanité. Ce Toulousain deviendra le premier Français au moment des faits à être jugé pour « génocide », Maurice Papon ayant été condamné, en 1997, pour crimes contre l’humanité.
Si d’autres pays européens, comme l’Allemagne et la Suède, ont déjà condamné des membres de l’EI pour des crimes internationaux, la France jugeait jusqu’ici ses combattants djihadistes sous une même qualification : l’association de malfaiteurs terroriste.
Le procès de Sabri Essid, qui devrait être suivi par au moins trois autres procès de ressortissants français pour « génocide » à l’encontre des yézidis, permettra donc d’ouvrir le regard de la justice et de la société sur les exactions commises par le groupe djihadiste à l’encontre des populations civiles syriennes et irakiennes.
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