Image extraite du documentaire « Orwell, 2+2=5 », de Raoul Peck.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

On ne présente plus Raoul Peck, 72 ans, né à Port-au-Prince, homme et cinéaste engagé, auteur à ce dernier titre de quelques essais particulièrement inspirés et percutants tels Lumumba. La mort d’un prophète (1991) ou I Am Not Your Negro (« je ne suis pas votre nègre », 2016) ou de fictions qui se confrontent à l’horreur totalitaire, comme L’Homme sur les quais (1993). Il se lance avec Orwell. 2+2=5 dans un nouveau projet, qui ambitionne d’articuler un hommage à la portée visionnaire du 1984 (roman paru en 1949) de l’écrivain George Orwell et un démontage en règle de l’horreur mondialisée.

Le roman, dont l’histoire est située en Grande-Bretagne trente ans après qu’une dictature y a été instaurée à la suite d’une guerre nucléaire, s’inspirait à la fois du nazisme et du stalinisme pour décrire un monde fictif totalitaire auquel le nôtre semble de plus en plus ressembler.

Autant dire que le programme du film est copieux, mené par une voix off qui cite en continu Orwell, se révélant à la longue comme plaquée sur les images. La narration, quant à elle, accumule les strates et enjambe les époques, allant et venant incessamment entre elles. Ici une évocation de la fin de vie de George Orwell, alors qu’il est sur l’île de Jura, en Ecosse, tout à l’écriture de son roman. Là une évocation de sa jeunesse et de son parcours intellectuel, qui le voit prendre conscience, alors qu’il est soldat de l’Empire, du cynisme du système colonial. Ou encore, à partir d’un montage d’archives hétéroclites, une mise à l’épreuve des grands motifs orwelliens appliqués à un monde contemporain soumis à l’oppression funeste des puissances économiques, impérialistes et totalitaires.

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