Selon le Code civil, on devient adulte lorsqu’on atteint l’âge de la majorité fixé à 18 ans.
Mais d’autres critères, notamment psychologiques, déterminent si oui ou non, nous sommes vraiment adultes.
Qu’est-ce qui fait basculer les individus dans cet âge si particulier de la vie ?

Un adulte est « une personne ayant atteint ou dépassé l’âge de 20 ans environ » selon le Larousse. Mais dans les faits, cela est un peu plus compliqué. Sarah-Jayne Blakemore, experte en neurosciences et auteure d’une étude sur le sujet publiée sur le National Library of Medicine, rejette l’idée de l’âge. Pour cette spécialiste, le cerveau n’est pas arrivé à maturation à 18 ans mais se développe jusqu’à l’âge d’environ 30 ans. Les diverses régions du cerveau se développent à des vitesses différentes en fonction des individus. Mais au-delà de la physiologie, n’est-ce pas une question de maturité ? 

Devient-on adulte une fois stable ?

La fin des études, le premier emploi salarié, une stabilité financière ou l’arrivée d’un bébé marque-t-elle un cap vers l’âge adulte ? Pour Jean Viard, sociologue et auteur de l’essai Un nouvel âge jeune, on devient adulte « (…) quand on cherche de la stabilité », souligne-t-il dans Les Échos Start. Partant de ce constat, il considère que la plupart des individus deviennent adultes vers 30 ans « (…) quand ils cumulent travail plus stable et enfants »

Jean Viard estime que devenir adulte consiste à faire son entrée dans une « société de discontinuité, d’instabilité choisie, de compétences en matière de mutation, de ruptures et de redémarrage ». Pour Cécile Neuville, psychologue experte en psychologie positive, être stable ne signifie pas perdre de sa légèreté. Sur Air Zen Radio, elle explique qu’on peut rester dans une certaine insouciance tout en étant adulte : « On peut devenir un adulte qui rit toute la journée, prend du plaisir, réalise ses rêves ou joue aux jeux de société. Devenir un adulte ne veut pas dire abandonner tout cela »

Devenir autonome et indépendant, la fin de la jeunesse ?

Au-delà de la stabilité financière, être adulte, n’est-ce pas faire preuve d’autonomie et d’indépendance ? Pour Basilie Chevrier, maîtresse de conférence en psychologie à l’université d’Aix-Marseille, cela ne fait aucun doute. Dans The Conversation, elle estime que « se définir comme étant adulte va alors être davantage lié à des changements survenant au sein de la famille qu’à des critères individuels ». Pour cette spécialiste, l’autonomie se manifeste lorsqu’on est capable d’agir en fonction de notre propre volonté. Cécile Neuville partage la même conception. Pour elle, « être adulte, c’est prendre conscience que l’on est un individu à part entière ». Ainsi, un adulte prend « ses décisions en pleine conscience »

Un changement dans les relations parent/enfant reste aussi un bon indicateur. Basilie Chevrier considère l’indépendance comme une facette de l’autonomie et la place « au centre de la question du devenir adulte ». Le lien que l’on entretient avec sa mère ou son père évolue et passe « d’un ordre hiérarchique à un ordre plus symétrique, d’égal à égal, qui implique une réciprocité ». Cela survient généralement au moment de quitter le cocon familial et va de pair avec un changement de regard sur ses parents. « Le jeune (…) ne se considère plus comme un enfant et ne voit plus ses parents comme des figures (…) toutes-puissantes ; il y a une dé-idéalisation des parents »

Emilie CARTIER pour TF1 INFO

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