
Six jeunes gens, encore adolescents ou à peine plus âgés, les mines accablées de fatigue et de chagrin, discutent sur la terrasse d’une humble maison entourée d’une végétation luxuriante, quelque part en Martinique. Ce sont les six aînés de la fratrie Lafleur, qui doivent trouver au plus vite des solutions pour payer les factures qui s’accumulent : l’électricité, l’eau, l’assurance du scooter. Le frère cadet, Kingsley (incarné par Rodney Dijon), le visage encore tuméfié par la raclée qu’il a reçue dans un bar de Fort-de-France quelque temps auparavant, se lève. « On ne finit pas à la rue si on se sert de la rue », assène-t-il avec fougue. Indignation générale autour de la table. « L’argent de la drogue, c’est pas notre vie ! », objecte sa petite sœur Ambre (Amah Fofana), sage lycéenne. « Et maman qui est morte, c’est notre vie ? », s’enflamme Kingsley.
Le décor est posé : une mère, qui élève seule, modestement mais dignement, ses 11 enfants, meurt dans un accident de la route. La famille, jusque-là soudée, dérive inéluctablement dans la criminalité et le trafic de drogue, fléaux sévissant à l’ombre de la précarité qui ronge les Antilles. Tournée presque intégralement en Martinique, la série Bandi, diffusée à partir du 9 avril sur Netflix, est une immersion dans l’envers du décor paradisiaque de l’île, dans ses réalités sociales et dans les quartiers défavorisés de Fort-de-France.
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