L’ancien président américain Barack Obama, à Chicago, dans l’Illinois, le 20 août 2024.

L’ex-président américain Barack Obama a qualifié dimanche 25 janvier la mort d’Alex Pretti, un infirmier américain tué par des agents fédéraux la veille à Minneapolis, de « tragédie déchirante ».

Le démocrate a appelé à un « sursaut » face aux « attaques » perpétrées contre les valeurs fondamentales des Etats-Unis. « Il revient à chaque citoyen de s’élever contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales, et de faire rendre des comptes à notre gouvernement », écrit Barack Obama dans un communiqué.

« Depuis des semaines maintenant, les gens à travers le pays sont, à juste titre, indignés par le spectacle de recrues masquées de l’ICE et d’autres agents fédéraux agissant en toute impunité et s’engageant dans des tactiques qui semblent conçues pour intimider, harceler, provoquer et mettre en danger les résidents d’une grande ville américaine », écrit encore l’ancien président.

M. Obama critique en outre Donald Trump et son administration, « empressés de faire s’empirer la situation » au lieu « d’essayer d’imposer un semblant de discipline et de responsabilité aux agents qu’ils ont déployés ».

L’administration Trump rejette la faute sur Alex Pretti

Le gouvernement de Donald Trump a de son côté défendu les actions d’agents fédéraux qui ont tué l’infirmier américain de 37 ans, deux semaines après la mort de Renee Good dans la même ville et dans des conditions similaires.

Comme elle l’avait fait après la mort de Renee Good, l’administration Trump a immédiatement rejeté la faute sur Alex Pretti. « On ne peut pas s’en prendre aux forces de l’ordre dans ce pays sans en subir les conséquences », a dit sur la chaîne Fox News le directeur du FBI, Kash Patel. Et la ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, a accusé Alex Pretti de « terrorisme », car il s’apprêtait, selon elle, à mettre en danger les agents avec un pistolet dont les autorités ont publié une image.

Une analyse par plusieurs médias de plusieurs vidéos de l’événement semble pourtant contredire cette version. Les images montrent Alex Pretti plaqué au sol, avec autour de lui plusieurs agents tentant de le menotter, sur un sol verglacé. Quelques secondes plus tard, alors qu’un agent vêtu de gris semble retirer une arme au niveau de la taille d’Alex Pretti, alors agenouillé et penché en avant, avec plusieurs policiers au-dessus de lui, un coup de feu est tiré. Les agents s’écartent brutalement et tirent alors plusieurs fois à distance sur son corps inanimé. Au moins dix coups de feu sont entendus.

Dans un communiqué, les parents d’Alex Pretti ont accusé l’administration Trump de répandre « des mensonges écœurants » sur leur fils, « un être au grand cœur ». De nombreux élus de l’opposition ont exprimé leur colère face aux allégations du gouvernement. Dimanche, sur CNN, le sénateur démocrate Chris Murphy a ainsi accusé les responsables républicains d’être des « menteurs éhontés ». « Cela devrait faire flipper le grand public américain que l’administration Trump mente de manière si facile », a-t-il ajouté.

Les élus démocrates accusés par Donald Trump

Le gouverneur du Minnesota, le démocrate Tim Walz, avait réclamé samedi que l’enquête soit chapeautée par les autorités locales, et non fédérales. « On ne peut pas se fier à l’Etat fédéral », a-t-il affirmé, avant d’accuser l’ICE de semer « le chaos et la violence ». Dans une décision samedi soir, un juge fédéral a par ailleurs ordonné à l’administration Trump de préserver les preuves liées à la mort d’Alex Pretti.

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Malgré la mort de l’infirmier, le haut responsable de la police aux frontières Gregory Bovino a soutenu dimanche sur CNN que « les victimes, ce sont les agents ». Le responsable a également vanté « la formation fantastique » et le « super boulot » des agents qui « ont empêché de possibles tirs contre les forces de l’ordre ».

Donald Trump a lui accusé les élus démocrates locaux d’être à l’origine des tensions. « Le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante », a-t-il accusé sur sa plateforme, Truth Social, en appelant à laisser la police de l’immigration « faire son boulot ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Minneapolis : la mort d’Alex Pretti, tué par la police fédérale de l’immigration, attise la colère dans une ville déjà traumatisée

Le Monde avec AFP

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