Livre. Quelle est la forme politique de l’intensité festive ? Là tient l’original projet de cet essai signé par un auteur naviguant entre la fête et les lettres. Maître de conférences associé à l’Ecole des arts de la Sorbonne, Arnaud Idelon est critique et romancier, mais aussi programmateur du festival Sturmfrei − mêlant littérature, musique et arts visuels − et cofondateur du collectif d’auteurs 16am, ainsi que du tiers-lieu culturel Le Sample, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Ce parcours hybride nourrit Boum boum. Politiques du dancefloor (Divergences, 210 pages, 16 euros), qui tente d’élever la fête au rang de « zone autonome temporaire », définie comme la « possibilité d’un espace-temps interstitiel » où se jouerait une politique.
Arnaud Idelon nous parle depuis la contre-culture techno, avec ses free-parties, ses raves et son esthétique urbaine alternative, amorçant Boum boum sur une distinction prometteuse. Il y a, d’abord, la « fête mascarade », à l’image du carnaval, qui n’est autre qu’une « transgression momentanée pour mieux programmer le retour à l’ordre ». L’écrivain propose une autre approche qui s’appuie sur Platon et Jean-Jacques Rousseau : celle de la fête comme « un espace politique, tour à tour égalitaire, démocratique ou subversif ». C’est de cette approche qu’il nous parlera, et la difficulté commence là : quelle armature solide donner à la fête, par nature liquide, éphémère, évanescente ?
L’auteur sait que la tâche est délicate et décide d’assumer le subjectif en composant l’essai comme un « tissage d’expériences vécues » en vue de saisir « les formes d’une politique à l’oblique en présence dans le festif ». Tout en assumant « une part de fantasme » dans son désir de politiser la fête et admettant humblement un résultat « composite, parfois inégal ». Ces précautions excusent les faiblesses d’une tentative où le déclaratif prend quelquefois le pas sur le démonstratif, et le descriptif sur l’analytique.
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