Le ministre de l’Intérieur a affirmé ce mardi 1ᵉʳ avril avoir « bon espoir » que Boualem Sansal soit libéré.
L’écrivain est incarcéré en Algérie depuis mi-novembre.
Mais la reprise des relations entre Paris et Alger pourrait lui être favorable.

C’est la « première fois » qu’un tel optimisme se fait jour. Pour Bruno Retailleau, il y a « bon espoir » de voir Boualem Sansal « revenir » en France, s’est-il réjouit ce mardi 1er avril. Condamné à cinq ans de prison, l’écrivain franco-algérien est incarcéré depuis plus de quatre mois près d’Alger.

Une réunion « inédite » la semaine prochaine

Une déclaration qui intervient au lendemain d’un appel entre les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, lors duquel le chef de l’État français a appelé son homologue à un geste de « clémence et d’humanité » envers Boualem Sansal. Les deux hommes ont aussi apaisé leur relation, après plusieurs mois de crise diplomatique intense. La coopération migratoire doit ainsi « être immédiatement réinitiée, dans une logique de résultats répondant aux préoccupations des deux pays », ont-ils souligné dans un communiqué.

Le locataire de la place Beauvau a aussi estimé ce mardi que l’Algérie pourrait bientôt appliquer « strictement » l’accord migratoire bilatéral de 1994. « Cet accord dispose que l’Algérie doit accepter sur son sol les ressortissants algériens » que la France veut expulser, a affirmé le ministre de l’Intérieur, partisan d’une ligne dure à l’égard de l’Algérie ces derniers mois, en marge d’une réunion publique à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), soulignant avoir convoqué dès la semaine prochaine « une réunion inédite entre les préfets et les consuls algériens » pour discuter concrètement des noms des ressortissants algériens que la France souhaite expulser.

Avant son incarcération, Boualem Sansal, un ancien haut fonctionnaire algérien, voix critique du pouvoir, faisait des allers-retours fréquents en Algérie, où ses livres sont vendus librement. Mais à 80 ans, et malgré sa maladie, il a été arrêté puis condamné par un tribunal algérien fin mars, notamment pour atteinte à l’intégrité du territoire après s’être exprimé dans un média français réputé d’extrême-droite en reprenant la position du Maroc selon laquelle d’amples portions du pays auraient été amputées au profit de l’Algérie, sous la colonisation française.

Zoe SAMIN avec AFP

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