Le président ghanéen, John Dramani Mahama, rend visite, le 18 février 2026, aux victimes d’une attaque au cours de laquelle des commerçants ghanéens ont été tués, au Burkina Faso, par des islamistes présumés.

Depuis la mi-février, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation terroriste liée à Al-Qaida, enchaînent des offensives d’envergure au Burkina Faso, selon des informations transmises par des organisations non gouvernementales à l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 27 février. Ces attaques ont fait plus d’une centaine de morts, touchant des militaires comme des civils.

« Depuis le 14 février, le GSIM a revendiqué dix attaques dans différentes régions du Burkina », explique Hasret Kargin, chercheur en études africaines au cabinet Mintel World, spécialisé dans le renseignement stratégique.

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Les plus meurtrières de ces attaques ont visé, le 15 février, la caserne militaire de Titao, ville située dans le nord du pays, où le groupe affirme avoir tué des dizaines de soldats et une dizaine de civils, dont sept commerçants ghanéens. Le même jour, il revendiquait la mort d’une cinquantaine d’agents des Eaux et Forêts à Tandjari, dans l’est.

D’autres assauts ont eu lieu depuis. Héni Nsaibia, analyste pour l’organisation non gouvernementale ACLED, qui recense les victimes de conflits dans le monde, évoque « une vague [démontrant] un haut degré de coordination, compte tenu du nombre d’attaques d’envergure survenues entre le 12 et le 22 février ». Selon lui, « plus de 130 personnes » – des soldats burkinabés, des civils ainsi que des combattants du GSIM – « ont été tuées dans cette série d’affrontements ».

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« Il n’y a eu aucune déclaration officielle du GSIM concernant la récente escalade des attaques, qui avaient diminué pendant quelques mois », relève Hasret Kargin.

Une grande liberté d’action

Le Burkina, dirigé par une junte militaire depuis septembre 2022, fait face depuis plus d’une décennie aux offensives meurtrières de groupes terroristes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, sur de larges pans de son territoire.

Les récentes attaques se concentrent dans le nord et l’est du pays, des régions importantes pour la branche sahélienne d’Al-Qaida. « Ce sont des zones qui regroupent de nombreux sites d’or, et d’importants axes qui alimentent la contrebande du groupe », explique à l’AFP un analyste sécuritaire burkinabé, sous couvert d’anonymat.

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L’attaque de Tandjari, située près de la capitale régionale de Fada N’Gourma, illustre la grande liberté d’action du GSIM, qui « a gagné beaucoup de terrain ces dernières années dans l’Est », d’après Héni Nsaibia.

L’armée burkinabée, qui ne communique que très rarement sur les attaques, a affirmé, à la mi-février, contrôler 74 % du territoire, soit l’équivalent de « 600 villages reconquis ».

Le Monde avec AFP

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