- En France, les effets de la guerre au Moyen-Orient ne se font pas seulement sentir à la pompe.
- Le secteur du bâtiment, fortement dépendant de l’énergie, déplore une augmentation des prix de tous les matériaux.
- En conséquence, le gouvernement a annoncé des mesures pour certains professionnels.
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Un mois de guerre au Moyen-Orient
Le secteur du bâtiment souffre lui aussi de la hausse des prix de l’énergie. Pour s’en rendre compte, le JT de TF1 s’est rendu à Orchies (Nord) où le groupe de construction « Ghesquière » subit ses effets de plein fouet. Ainsi, faire fonctionner une mini-pelle coûte aujourd’hui deux fois plus cher qu’il y a un mois. Il faut aussi du carburant pour assurer le plein des camionnettes qui parcourent jusqu’à 400 km par jour pour se déplacer entre les chantiers. « Les 1 euro de plus au litre, c’est énorme. On n’a jamais connu ça »
, déplore le patron Clément Ghesquière, dans le reportage ci-dessus. Avec 14 véhicules et 30 salariés dans son entreprise, toutes les stratégies sont bonnes pour économiser du diesel. « Les trajets, là on regarde à deux fois. Les dépanneurs, on les regroupe géographiquement pour faire le moins de kilomètres possible »,
détaille-t-il.
Au niveau des particuliers, au niveau des prêts bancaires, ça va être compliqué, pour les prêts travaux, les prêts à taux zéro.
Au niveau des particuliers, au niveau des prêts bancaires, ça va être compliqué, pour les prêts travaux, les prêts à taux zéro.
Tony, chef-maçon au Cateau-Cambrésis.
La crise au Moyen-Orient met à mal le secteur du bâtiment, déjà en souffrance. Il y a le coût du carburant d’abord, puis des hausses sur les matériaux. Le sable a, par exemple, augmenté de 5%, car il est extrait des carrières par des pelles ou des bulldozers qui fonctionnent aussi au diesel. En outre, le prix de la brique, chauffée quant à elle dans des fours à gaz, a doublé. « C’était 1 euro, même pas, et c’est peut-être à 2 euros, 2,20 euros la brique. Le béton, c’est pareil, on est à 150 euros du mètre cube livré. C’était peut-être 90 euros avant. Et on en utilise partout et quasiment tous les jours »,
explique Tony, chef-maçon au Cateau-Cambrésis.
Résultat, il n’y a plus d’autres choix que de répercuter les coûts sur les futurs devis des clients, car les conséquences sont redoutées. « Au niveau du recrutement, ça va être compliqué, et puis au niveau des appels d’offres ou des chantiers qui devaient tomber et qui ne vont pas du tout aboutir. Même au niveau des particuliers, au niveau des prêts bancaires, ça va être compliqué, pour les prêts travaux, les prêts à taux zéro. Les particuliers, s’ils n’ont pas de crédit, nous, on ne pourra pas suivre derrière »
, s’inquiète-t-il.
Sans compter que de nouvelles augmentations sont prévues début avril. Plus 8% pour l’aluminium, 11% sur le PVC, une matière plastique dérivée du pétrole utilisée pour les canalisations ou les gouttières. « Ça va être un tsunami pour les entreprises. Leur marge va diminuer, elles n’auront plus de trésorerie, ne pourront plus faire face aux paiements des charges et, fatalement, ne pourront pas survivre »,
alerte Stéphane Lerre, de la Confédération artisanale des petites entreprises du bâtiment en Hauts-de-France. Ces deux dernières années, le secteur du bâtiment a perdu 30.000 emplois en France.

