Le poste de police de la Guarda Nacional Republicana où Cédric P. a été placé en garde à vue, à Meda (Portugal), le 25 mars 2026.

L’ex-policier français soupçonné d’avoir tué sa compagne et son ex-conjointe et enlevé ses deux enfants a été placé en détention provisoire par le tribunal portugais où il a été entendu, jeudi 26 mars, pendant plusieurs heures.

L’arrestation de Cédric P., Français de 42 ans, alors qu’il était en compagnie de son fils de 12 ans et de sa fille d’un an et demi, avait mis fin, mardi, à une cavale de plusieurs jours qui l’a mené de l’Aveyron, dans le sud de la France, à la région de Guarda, dans le nord-est du Portugal.

Selon un document distribué à la presse par le Conseil supérieur de la magistrature à l’issue de ce « premier interrogatoire judiciaire », il est notamment soupçonné des crimes d’homicide aggravé, profanation de cadavre et enlèvement. Il est également mis en cause pour violences sur sa fille, falsification de documents et possession d’arme illégale, selon la décision du tribunal de Vila Nova de Foz Côa, situé à une quinzaine de kilomètres du lieu où le suspect a été interpellé mardi lors d’un contrôle routier.

Escorté par des effectifs de la police portugaise, Cédric P. a quitté le tribunal jeudi peu après 22 heures locales (23 heures à Paris) en se cachant le visage avec les mains, ont rapporté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).

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« Départ préparé » vers l’étranger

Des gendarmes français avaient été dépêchés au Portugal après la découverte, mercredi soir, des corps enterrés dans un lieu isolé des deux femmes qui avaient disparu en Aveyron. Le suspect, résidant à Savignac, petit village de ce département d’Occitanie, ancien policier aujourd’hui sans emploi, est soupçonné d’avoir enlevé les deux femmes, ainsi que leurs deux enfants, dont il est le père, et d’avoir pris la fuite vers le Portugal en fin de semaine dernière.

Dans son véhicule, les policiers ont retrouvé un fusil à pompe, plusieurs fausses plaques d’immatriculation, 17 000 euros en liquide et des faux documents.

Les deux enfants devaient rapidement être rapatriés vers la France, selon une source proche de l’enquête. D’après le quotidien portugais Jornal de Noticias, c’est le fils aîné du suspect qui a aidé les autorités à retrouver les deux corps sur un col de la Serra da Nogueira, situé à un peu plus d’une centaine de kilomètres au nord du lieu de son interpellation.

La thèse d’un « départ préparé » vers l’étranger a rapidement été privilégiée par les gendarmes de la section de recherches de Toulouse, en charge des investigations, a précisé le parquet de Montpellier.

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Une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration de plusieurs personnes » avait été ouverte lundi à la suite de la disparition du jeune garçon, et de sa mère, âgée de 40 ans, de leur maison de Vailhourles, un village aveyronnais de 650 habitants, immédiatement jugée inquiétante par les enquêteurs.

Lire le décryptage (2025) | Article réservé à nos abonnés Féminicides : l’angle mort des violences conjugales envers les femmes âgées

Rapport conflictuel et condamnation

Jeudi à Vailhourles, un bouquet de roses blanches a été accroché au grillage qui entoure la maison où vivaient le garçon nommé Elio, et sa mère, Audrey. L’actuelle compagne de l’ancien policier, Angela, âgée de 26 ans, et leur fille d’un an et demi, résidant avec le suspect dans la commune de Savignac, étaient également introuvables, comme Cédric P. lui-même.

Les investigations avaient débuté vendredi après un signalement effectué par un membre de la famille de la mère de l’adolescent. Celle-ci, qui travaillait pour une compagnie d’assurances, ne s’était pas présentée à son travail, ni son fils au collège.

Déchu de son droit de garde, le suspect, joueur de rugby à XIII de bon niveau, entretenait un rapport très conflictuel avec son ex-compagne, qu’il accusait sur les réseaux sociaux de mettre leur fils « en danger ». En 2021, il s’était déjà rendu illégalement en Espagne avec son fils pendant plusieurs semaines, ce qui lui avait valu une condamnation pour non-représentation d’enfant et harcèlement sur son ex-compagne.

Selon une source proche du dossier, il avait participé en 2023, avec d’autres pères ayant perdu la garde de leurs enfants, à des manifestations devant le tribunal de Rodez et la mairie de Villefranche-de-Rouergue, ville proche de Vailhourles et Savignac.

Le Monde avec AFP

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