L’idée a germé dans l’esprit de Luc, 42 ans, il y a quelques années. « Dans nos jeux de séduction, j’aime voir ma femme porter de la jolie lingerie. Cela me paraissait normal de faire en sorte que ce soit réciproque. » Cet ingénieur parisien, qui avait pour habitude d’enfiler un « boxer en coton du supermarché », a toutefois eu du mal à dénicher des modèles en accord avec ses envies. « Au début, je ne trouvais que des sous-vêtements très connotés gay, en cuir, sexualisés ou très colorés, et qui ne vont pas à toutes les morphologies. Je voulais quelque chose d’un peu sensuel, qui dévoile sans en mettre plein la vue. Une touche de féminité, pour changer des stéréotypes masculins. » Une manière, également, de se réconcilier avec son image. « J’avais envie de me sentir désirable. » Après des recherches sur Internet – « Je ne serais jamais allé en boutique pour ça » –, il a finalement opté pour un boxer bleu roi, en fine dentelle ajourée, et un string noir.
Pour Nicolas (certains prénoms ont été modifiés), kinésithérapeute à Nantes, même constat : réfléchir à ce que l’on souhaiterait porter sous son pantalon n’a rien d’évident. « Au quotidien, j’achète des caleçons chez Decathlon. Mais j’avais envie de choses jolies pour mes rendez-vous de drague. » Il y a trois ans, il a commencé par des modèles Aubade, d’abord classiques, puis « plus transparents ». Récemment, chez l’enseigne de prêt-à-porter Devred, le quadragénaire est tombé sur un présentoir de caleçons. « J’en ai pris sept, en coton texturé avec de jolis motifs. A la caisse, la vendeuse s’est un peu foutue de ma gueule : “Vous en avez un par jour, comme ça !” »
C’est que le sous-vêtement est encore le grand impensé de la garde-robe masculine hétérosexuelle. Taper « lingerie pour hommes » sur Internet, c’est voir défiler des jockstraps (ces sous-vêtements qui soutiennent les organes génitaux mais laissent les fesses nues), des strings, des shortys transparents, voire des porte-jarretelles et des petites culottes.
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