• Le porte-avions américain Abraham Lincoln est arrivé ce lundi au Moyen-Orient, dans le Golfe persique.
  • L’Iran « ne permettra pas qu’une menace à la sécurité nationale (…), même à ses prémices, atteigne le stade de l’action », a dit le ministère des Affaires étrangères.

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Manifestations en Iran : une répression sans précédent

La tension continue de monter entre Washington et Téhéran. L’Iran a mis en garde lundi contre une intervention américaine, au moment où les États-Unis renforcent leur présence dans la région, où un porte-avions est arrivé. En effet, alors que Donald Trump avait annoncé la semaine dernière le départ vers le Golfe d’une « armada » navale américaine, le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés au Moyen-Orient, « pour promouvoir la sécurité et la stabilité régionales », a annoncé lundi le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

« L’arrivée d’un tel navire de guerre ne va pas affecter la détermination de l’Iran », a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. L’Iran « ne permettra pas qu’une menace à la sécurité nationale (…), même à ses prémices, atteigne le stade de l’action », a renchéri un haut responsable militaire cité par la télévision d’Etat. Plutôt qu’agir comme « un moyen de dissuasion », la « concentration et l’accumulation de forces » étrangères « accroîtraient plutôt leur vulnérabilité et en feraient des cibles faciles d’accès », a-t-il averti.

Symbole des tensions, les autorités iraniennes ont déployé dans le centre de Téhéran un immense panneau anti-américain montrant un porte-avions ciblé par des frappes aériennes. « Qui sème le vent récolte la tempête », affirme le slogan traduit en anglais.

La puissance navale de l’Iran n’est pas seulement défensive

Commandant de la marine iranienne

« La puissance navale de l’Iran n’est pas seulement défensive », a aussi mis en garde le commandant de la marine iranienne, Shahram Irani, cité par l’agence de presse officielle Irna. 

Le pouvoir iranien a récemment étouffé par une violente répression les récentes manifestations. Initié en décembre par des commerçants contre le marasme économique, le mouvement avait pris le 8 janvier une vaste ampleur. Après le blocage ce jour-là de l’accès à Internet, le pays reste aujourd’hui largement coupé du monde, a souligné lundi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, pour qui la mesure vise à « masquer l’ampleur de la répression meurtrière contre les civils ».

Selon Human Rights Activists News Agency (HRANA), 5.848 personnes ont été tuées pendant le mouvement de contestation, dont 5.520 manifestants, 77 mineurs, 209 membres des forces de sécurité et 42 passants. Mais l’organisation examine 17.091 autres possibles décès, les défenseurs des droits humains mettant en garde contre un bilan qui pourrait être bien plus élevé que celui déjà confirmé. HRANA a aussi fait état d’au moins 41.283 arrestations. 

J.F. avec AFP

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