LA LISTE DE LA MATINALE

Voilà une réalité un peu difficile à admettre pour les maniaques du dico que sont les correcteurs, mais une partie non négligeable du « bon » français d’aujourd’hui est issu d’erreurs. Notre langue n’a pas été inventée un beau jour par une assemblée de savants ; une langue est un être vivant, mouvant, humain, qui naît et évolue avec ceux qui la parlent et l’écrivent, les dictionnaires ne faisant qu’entériner l’usage. En somme, le français appartient à ceux qui le parlent et à ceux qui l’écrivent. Conséquence ? Si les francophones commettent tous la même faute, elle devient l’usage – et quelques années plus tard, elle fait son entrée dans les dictionnaires. La preuve en quelques mots…
Evénement ou évènement ?
Avant le XVIe siècle, le français ne comportait pas d’accents. Ils furent introduits afin de rendre plus fidèlement la prononciation de la langue. Au XVIIIe, on commence à adopter le È et à le différencier du É. Dès cette époque, les dictionnaires ont prescrit d’écrire événement avec deux accents aigus. Pourtant, la plupart des Français écrivaient évènement, avec un accent grave sur le deuxième E, car c’est ainsi qu’ils prononçaient le mot. Cette graphie en È a fini par faire son entrée dans les dictionnaires en 1990, lors de la dernière réforme de l’orthographe, et l’on peut aujourd’hui écrire sans faute événement ou évènement.
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