- La justice a retenu vendredi l’offre du groupe Cafom pour reprendre les marques et les stocks de Brandt.
- Une décision qui met fin aux espoirs d’une relance industrielle des anciennes usines du groupe.
- Que va-t-il se passer maintenant ? Le 20H de TF1 fait le point.
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Le 20H
Vendredi 13 mars, 18h30. John et Frédéric, salariés de Brandt depuis 25 ans, apprennent la nouvelle : la justice a retenu l’offre du groupe Cafom, distributeur d’équipement de la maison dans les outre-mer, pour reprendre les marques et les stocks du groupe. Le fleuron de l’électroménager liquidé en décembre avait accumulé une dette de plus de 200 millions d’euros. « C’est la pire décision qu’il pouvait y avoir pour moi. C’est surtout le site industriel : qu’est-ce qu’on va en faire ? »
, s’interroge John Soulas, ému, dans le reportage du 20H ci-dessous.
La proposition de Cafom (Centrale d’achat française pour l’outre-mer), d’un montant de 18,6 millions d’euros, a été préférée à 35 autres, déposées pour acquérir les marques, usines et autres actifs du groupe centenaire regroupant les marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich. « Le fait qu’il y ait un acquéreur de la marque, c’est quand même une bonne chose, ça veut dire que cette marque n’est pas destinée à tomber dans les oubliettes et que potentiellement dans les mois à venir on pourra espérer pouvoir racheter toute cette enseigne »,
pointe Emma Leoty, avocate spécialiste du droit des entreprises.
C’est dur. Je ne vous cache pas que je ne peux rien faire pour eux.
C’est dur. Je ne vous cache pas que je ne peux rien faire pour eux.
Le PDG de Cafom, Hervé Giaoui, à propos des salariés de Brandt
Mais la décision de justice met fin aux espoirs d’une relance industrielle dans les anciennes usines de Brandt, près d’Orléans et Vendôme, dans le Loir-et-Cher, privant quelque 700 salariés de leur emploi. De son côté, le PDG de Cafom Hervé Giaoui, qui a fait valoir auprès de l’AFP un chiffre d’affaires de « 450 millions de chiffre d’affaires, zéro dette, 165 millions de fonds propres »
, a assuré prévoir de produire « sous trois, six mois maximum »
, des plaques à induction, promettant la création de « 30 à 60 emplois »
dans l’est de la France.
Il a aussi évoqué la production de lave-vaisselle en Bretagne en « co-branding » (association de deux ou plusieurs marques) avec l’entreprise EverEver. Concernant le sort des anciens salariés de Brandt sur le carreau, le PDG a fait part de sa compassion. « C’est dur. Je ne vous cache pas que je ne peux rien faire pour eux ».
Ces derniers n’avaient, de toute façon, pas grand espoir de retrouver le chemin de leurs anciennes usines, 300 d’entre eux ayant participé, mercredi, à un job-dating organisé à Orléans pour les accompagner dans leur recherche d’emploi et reprendre une activité au plus vite.
« Cette décision a des conséquences très lourdes au plan économique et social, et fait reculer le combat pour la réindustrialisation »
, ont de leur côté indiqué les collectivités concernées, la région Centre-Val-de-Loire et Orléans Métropole, dans un communiqué, assurant qu’elles ne peuvent se « résoudre à cette disparition de notre patrimoine industriel ».
Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, n’a pas souhaité commenter la décision de justice.
« Pour autant, je veux saluer la mobilisation des élus qui ont soutenu et accompagné un projet qui aurait permis, à terme, une reprise des sites historiques de Brandt. Je reste à leurs côtés pour étudier tous les projets qui iront dans le sens du développement industriel du territoire »,
a réagi auprès de l’AFP le ministre. La région Centre-Val-de-Loire et Orléans Métropole avaient en effet conjointement formulé, avec l’entreprise néo-calédonienne Gladius, une offre qui entendait maintenir l’espoir d’une relance industrielle, en conservant ces « marques mythiques »
en France. Mais une offre qui n’aura, finalement, pas convaincu la justice.

