- Le gouvernement passe à l’offensive contre l’un des réseaux sociaux les plus utilisés au monde : TikTok.
- Ce dernier est dans le viseur du ministre de l’Éducation nationale qui a saisi la justice, notamment pour incitation au suicide.
- Une mère de famille, dont la fille a mis fin à ses jours, témoigne également de ses effets néfastes.
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Le 20H
Quatre mois avant de se suicider, Emma, 16 ans, alerte sa mère. Christina l’emmène tout de suite consulter un pédopsychiatre et découvre l’ampleur de son mal-être. « Face à ce médecin, j’apprends que ma fille est suicidaire. Je n’en avais aucune conscience. Elle cachait tout, ses scarifications, je n’ai jamais rien vu »
, raconte-t-elle dans le reportage ci-dessus. À cette période, l’adolescente subit moqueries et harcèlement à l’école, mais elle ne dit rien et s’enferme plusieurs heures par jour sur Instagram et TikTok. « Je suis absolument convaincue qu’elle ne serait pas passée à l’acte sans les réseaux sociaux. Bien sûr qu’il y avait un mal-être, ça c’est certain, mais cette amplification, cette rapidité, cette spirale algorithmique fait qu’elle a été au bout. Ça ne leur laisse aucune chance aux enfants »,
dit-elle.
Après son décès, Christina épluche les comptes de sa fille. Elle découvre sur certaines vidéos le mode opératoire pour mettre fin à ses jours. « C’est un instrument de mort et si on le savait, je sais qu’aucun parent ne laisserait cet outil dans les mains de ses enfants. Et pourtant, ce téléphone, je l’ai acheté »
, déplore encore Christina, membre du collectif « Algos victima ».
On a créé un compte au nom d’une jeune fille de 14 ans. Au bout de 20 minutes, on était pris dans une spirale mortifière.
On a créé un compte au nom d’une jeune fille de 14 ans. Au bout de 20 minutes, on était pris dans une spirale mortifière.
Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale
Face à ces dérives, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a saisi la justice cette semaine. Il dénonce une provocation au suicide. « Les jeunes montrent par exemple comment s’entraîner sur une pâte à pain pour faire des scarifications sur ses bras. On a créé
un compte
au nom d’une jeune fille de 14 ans. Au bout de 20 minutes, on était pris dans une spirale mortifière »
, s’indigne-t-il.
Comment mieux protéger ces mineurs de l’addiction ? Une proposition de loi est en cours d’examen pour interdire ces réseaux sociaux avant 15 ans. Le témoignage d’une jeune fille, recueilli par le JT de TF1, est très explicite. « À force de défiler, je ne regarde pas l’heure et c’est quand je m’arrête que je vois qu’il est tard. C’est dur d’arrêter de regarder »
, affirme-t-elle, ajoutant qu’elle aurait préféré qu’on l’en empêche. « Je pense que ça aurait été mieux. Je ne serais peut-être pas autant addict aujourd’hui », lâche-t-elle.
TikTok, de son côté, assure pourtant protéger au mieux ses utilisateurs. « Nous intégrons des gardes-fous dans nos systèmes de recommandations : ceux-ci sont conçus pour détecter et interrompre les schémas de visionnage répétitifs, notamment sur des sujets sensibles »,
indiquait le 27 mars le réseau social chinois dans un communiqué.
Aux États-Unis, pour la première fois cette semaine, Instagram et YouTube ont été reconnus responsables du caractère addictif de leurs services et doivent verser 6 millions de dollars à une jeune Californienne. Une décision qui pourrait faire jurisprudence. 22 procès sont en cours et 1.600 plaintes sont en attente.

