Le télétravail augmenterait la discrimination entre les hommes et les femmes.
Une étude publiée par la Dares souligne l’explosion des frontières entre professionnelle et vie personnelle, surtout pour les femmes.
Le décryptage de Benjamin Muller dans « Bonjour ! La Matinale TF1 »

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Avec Elles

Depuis la crise du Covid, le télétravail s’est considérablement installé. Il permet aux salariés de travailler à domicile, leur donnant plus de flexibilité. Néanmoins, le télétravail n’est pas toujours un cadeau pour les femmes. Au contraire, selon une récente étude publiée par la Dares, il augmente les discriminations entre les hommes et les femmes. Les explications de Benjamin Muller dans « Bonjour ! la Matinale TF1 ».

Les femmes toujours plus au four et au moulin

« Le retour au domicile permet aux femmes de résoudre les difficultés de conciliation : faire davantage de tâches ménagères et faire son travail rémunéré en décalé, même si cela suppose de ne pas faire de pauses ou de brouiller les frontières« , note la Dares dans son rapport publiée en mars 2025 (nouvelle fenêtre). Traduction : elles s’occupent de la maison en parallèle de leur travail, c’est-à-dire qu’elles peuvent se retrouver à préparer à manger en répondant aux mails, plier le linge alors qu’elles sont au téléphone. La pause déj sert à faire les courses et à 16h30, il est temps d’aller chercher les enfants à l’école. « Dès lors, si le télétravail entraîne une satisfaction professionnelle ou personnelle accrue pour les hommes en leur permettant de passer plus de temps à la maison, cette tendance n’est pas toujours observée chez les femmes », explique la Dares. Et d’ajouter « cumulant travail rémunéré et travail domestique, les femmes en télétravail effectuent plus d’heures de travail que les hommes ». Le rapport parle d’ailleurs d’une réassignation des femmes aux tâches domestiques. Or, cette accumulation des tâches domestiques et professionnelles a une conséquence : une hausse de la charge mentale, déjà très lourde pour les femmes.

Des risques psychosociaux accrus

La Dares souligne que le télétravail « expose à de nouveaux risques psychosociaux dont les principales causes sont la distanciation sociale, l’intensification du travail et la difficile articulation entre vie professionnelle et vie familiale« . Et cette difficile articulation concerne plus particulièrement les mères, car le « télétravail met alors en lumière le partage inégal du travail domestique entre les deux membres du couple et la difficulté des femmes à concilier les sphères privée et professionnelle ». Le risque de surcharge mentale et d’épuisement professionnel peut augmenter. Une étude menée par la plateforme Teale a d’ailleurs révélé que 21% des femmes sont dans un état critique ou à risque de dépression et 59% des femmes ressentent du stress au quotidien ainsi qu’une charge mentale omniprésente. Or, pour Benjamin Muller, « il n’y aura pas d’égalité professionnelle s’il n’y a pas d’égalité dans la famille. Et ça, c’est important parce qu’on peut vouloir changer la société. On peut attendre de la classe politique, et si on veut changer le monde, il faut commencer par le changer chez soi« . Et cela commence par une meilleure répartition de la charge mentale.

Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER

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