Des étudiants des écoles et universités présentent leur établissement auprès des parents et lycéens, à Paris, le 10 janvier 2026.

Y aura-t-il encore des designers, des concepteurs de jeux vidéo ou des illustrateurs dans le monde de demain ? Comment orienter son enfant dans des domaines où l’on constate déjà l’étonnante capacité de l’intelligence artificielle (IA) à générer des dessins, des photos, des vidéos – en quelques secondes et pour un effort minime ?

A l’heure de la clôture des vœux des candidats sur Parcoursup, jeudi 12 mars, Le Monde a interrogé des parents et des jeunes passionnés par la création artistique. S’il est encore difficile de connaître l’ampleur des transformations que générera l’arrivée de l’IA dans ces métiers, elle cristallise déjà les craintes des jeunes et de leurs familles.

Pour Nicolas, un illustrateur de presse et dessinateur de bande dessinée qui vit en Isère – il n’a pas souhaité donner son nom –, les « inquiétudes » sont déjà fortes et « partagées par l’ensemble des collègues », dans ce secteur « libéral » et peu protégé, en l’absence de statut. Sa compagne est également dessinatrice et leur fils de 10 ans, biberonné aux films des studios Pixar et Ghibli, « s’intéresse à l’imaginaire, aux jeux vidéo, à l’audiovisuel » et « dessine toute la journée ». Il est trop tôt pour parler d’orientation, mais le fils de Nicolas pose parfois des questions sur les métiers, auxquelles il est difficile de répondre. « Je suis incapable de dire à quoi ressemblera le milieu de l’édition dans cinq ans, et encore moins dans dix ou quinze ans », regrette le dessinateur. « Cette difficulté à se projeter rend tout discours d’orientation auprès des enfants très difficile à tenir. » Il est clair, en tout cas, que le jeune papa ne se voit pas encourager son fils dans une voie qui aura peut-être bientôt disparu.

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