Les compagnies aériennes low cost représentent aujourd’hui 50% du trafic aérien dans l’Hexagone.
Mais pour afficher des prix toujours plus bas, elles n’hésitent pas à faire payer des suppléments aux voyageurs.
Ce qu’a pu constater le 20H de TF1.

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Le 20H

Pour son week-end entre copines à Barcelone, Sangita s’est promis de voyager léger, avec seulement un petit bagage. Elle a donc payé 80 euros pour son billet aller-retour. Une bonne affaire, sauf que… « J’ai essayé de voir si mon bagage passait », montre la jeune femme en glissant sa valise dans un dispositif de EasyJet qui permet d’évaluer si elle est soumise à une surtaxe. Verdict : pour son bagage trop imposant, Sangita sera facturée 60 euros en plus, rien qu’à l’aller. 

Car les bagages sont en option, c’est la règle pour la compagnie britannique low cost. Malgré tout, les trois voyageuses que nous avons rencontrées se tournent souvent vers ce type d’entreprises. « Ce sont les premières qu’on regarde quand on doit voyager pour voir les prix et comparer », précise l’une des jeunes femmes. 

Parfois filiales de compagnies nationales, les low cost sont de plus en plus nombreuses dans nos aéroports. Outre les bagages payants, ces compagnies ont d’autres moyens d’être rentables. Nous avons justement embarqué avec la plus ancienne d’entre elles, EasyJet. Direction Venise, une heure et demie de vol. Une fois assis sur notre siège, le moindre service est à payer en plus. C’est l’une des conditions, pour la compagnie, pour afficher des prix aussi bas. 

La compagnie britannique propose en supplément des boissons, des snacks et même des menus. « Je pense qu’aujourd’hui, les passagers sont habitués aux produits low cost. Les passagers qui seront étonnés seront essentiellement les étrangers, les Américains, les Sud-Américains qui n’ont pas forcément l’habitude de payer en plus », explique Ronald, membre du personnel navigant commercial (PNC) de EasyJet. 

L’avion au sol, c’est un avion qui nous coûte de l’argent

Emmanuel Royer, cadre du personnel navigant commercial chez EasyJet

Pour rester dans leur budget, un couple rencontré par nos journalistes ne s’accorde aucun écart. « Pas de consommation à bord. On se limite à nos besoins », nous dit-il. À l’inverse, une passagère et ses filles se sont laissé tenter. Elles ont dépensé 15 euros pour trois boissons et des biscuits salés. Budget total de leur aller-retour, billets compris : 315 euros. « Pour une fois de temps en temps, oui, ça va », nous répond la mère de famille. 

En plus des options à bord, l’un des secrets des vols à prix cassés se déroule à l’atterrissage : à peine les passagers descendus, en 15 minutes, tout l’avion doit être nettoyé. Une chorégraphie millimétrée. « Les passagers attendent déjà, donc il faut qu’on fasse en sorte de faire les choses rapidement, mais aussi ne rien oublier. Après, c’est une question d’habitude, d’organisation », détaille Mila, elle aussi membre du personnel navigant commercial.

Au total, l’avion effectuera six vols dans la journée, soit plus de 1000 billets vendus pour la compagnie. « L’avion au sol, c’est un avion qui nous coûte de l’argent. Un avion qui vole, c’est un avion qui nous rapporte de l’argent. C’est le modèle low cost. En effet, on essaie de rentabiliser au maximum l’avion », justifie Emmanuel Royer, cadre du personnel navigant commercial chez EasyJet, dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.

Les billets à prix bas sont-ils toujours de bonnes affaires ? Pour notre vol vers Venise réservé en dernière minute, nous avons comparé plusieurs réservations le même jour à la même heure. Avec les compagnies low cost, notre voyage coûte en moyenne 250 euros aller-retour. Ajoutez 100 euros pour un bagage en cabine. En comparaison, avec une compagnie nationale, comptez 400 euros, bagages et snacks compris. 

C’est en réservant un an à l’avance que Géraldine pensait obtenir ses vols low cost les moins chers. « Dès que c’est ouvert au niveau de nos dates, on réserve à ce moment-là », explique cette voyageuse. Est-ce la bonne stratégie ? Démonstration avec Transavia (nouvelle fenêtre), une compagnie française à bas prix. Sur un mois, l’évolution des tarifs pour un vol est suivie de près. « On voit que les prix ont quand même globalement tendance à être tout le temps en croissance. Donc à partir du moment où vous avez convenu du week-end sur lequel vous souhaitez partir, j’aurais tendance à dire que le bon plan, c’est quand même d’anticiper au maximum vos réservations », explique Florian Mariaud, responsable programme futur chez Transavia.

Les prix seront bientôt revus à la hausse puisque la taxe sur les billets d’avion doit augmenter. « Ça va pénaliser le pouvoir d’achat des Français, mais on reste encore extrêmement compétitifs en termes de rapport qualité-prix », répond Bertrand Godinot, directeur général de EasyJet France.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Eva HUIN et Louise LE BRAS

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