Lors d’une manifestation contre les « lois Duplomb » à Brest, le 7 février 2026.

Des militants écologistes, paysans ou simples « citoyens concernés » ont participé samedi 7 février à des rassemblements à l’appel de plus de 80 organisations contre la loi anti-contrainte agricole du sénateur Laurent Duplomb et à sa nouvelle proposition visant à réintroduire des pesticides interdits.

Partout, le même message : « Duplomb, non c’est non » ou encore : « Plus de paysans, moins de pesticides ». De Boulogne-sur-Mer à Albi, de Bordeaux à Valenciennes, une trentaine de rassemblements étaient organisés pour dénoncer une « accumulation d’annonces » sur l’agriculture et l’environnement qui « tournent le dos à l’intérêt général », selon le collectif Nourrir, qui rassemble notamment Greenpeace, la Confédération paysanne, Oxfam, Foodwatch, WWF.

Ils étaient une dizaine devant la mairie de Brest, jusqu’à 300 à Lille, place du Théâtre, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse. À Lyon, 150 personnes étaient réunies place Bellecour, en majorité des agriculteurs de la Confédération paysanne, selon la préfecture.

En cause, les « lois Duplomb » en France, mais aussi à des projets législatifs européens, porteurs selon eux de « reculs environnementaux majeurs », au « mépris de la santé publique » et sans pour autant répondre aux problèmes du monde agricole.

C’est notamment le cas du projet de simplification (dit directive Omnibus) qui permettrait, s’il était adopté en l’état au Parlement européen, d’accorder « une autorisation illimitée » à de nombreux pesticides. Ou encore du projet de révision en France de la directive nitrate (qui fixe le calendrier des épandages d’engrais), que les ONG redoutent de voir détricotée à la demande notamment de la FNSEA, premier syndicat agricole.

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Un grand rassemblement prévu mercredi

Après la mobilisation de ce weekend, un grand rassemblement est prévu à Paris mercredi, jour d’un débat à l’Assemblée nationale sur la loi Duplomb, adoptée cet été et qui prévoit notamment de faciliter le stockage de l’eau et l’agrandissement de bâtiments d’élevage.

La disposition la plus contestée de ce texte − la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde toxique pour les abeilles − a été censurée par le Conseil constitutionnel « faute d’encadrement suffisant » sur la durée, la technique de traitement et les filières concernées.

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Sa réintroduction était réclamée par la FNSEA et la Coordination rurale (2e syndicat agricole), notamment pour les producteurs de betteraves sucrières qui affirment n’avoir aucune solution pour protéger efficacement leurs cultures.

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Une pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb a réuni cet été plus de 2,1 millions de signatures, franchissant largement la barre des 500 000 signatures permettant un débat à l’Assemblée nationale.

Sans même attendre la tenue d’un débat (sans vote) sur ce texte, le sénateur Laurent Duplomb est revenu à l’offensive, en déposant le 2 février une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction encadrée et limitée dans le temps de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradiflurone, visant les cultures de betteraves sucrières et de noisettes, ainsi que de pommes et de cerises.

Pour les organisations mobilisées ce week-end, les mobilisations agricoles contre la dermatose nodulaire contagieuse ou contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur « ont montré que la loi Duplomb ne répondait à aucune des réelles problématiques qui se posent aux mondes agricoles », en premier lieu « la garantie d’un revenu digne ».

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Le Monde avec AFP

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