
Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a supervisé, samedi 14 mars, un essai qui « a mobilisé douze lance-roquettes multiples de haute précision de calibre 600 mm et deux compagnies d’artillerie », a annoncé, dimanche, l’agence de presse officielle nord-coréenne Korean Central News Agency (KCNA), un matériel jugé « à la pointe de la technologie ».
Cette annonce survient après que Séoul a signalé, samedi, le tir par Pyongyang d’une dizaine de projectiles s’apparentant à des missiles balistiques en direction de la mer du Japon.
Ce nouveau dispositif a été présenté officiellement en février comme unique au monde et capable d’emporter des ogives nucléaires. L’agence a assuré que « les roquettes ont frappé la cible » située sur une île de la mer de l’Est, « à environ 364,4 km de distance, avec une précision de 100 %, prouvant une fois de plus la capacité destructrice de leur frappe concentrée et la valeur militaire du système ».
Selon KCNA, Kim Jong-un a affirmé que cet exercice susciterait chez les ennemis de Pyongyang « situés dans un rayon de frappe de 420 km » un sentiment de « malaise » ainsi qu’une « profonde prise de conscience de la puissance destructrice des armes nucléaires tactiques ». Le dirigeant nord-coréen a salué ce nouveau système comme une « arme très meurtrière mais attrayante ».
« Une provocation », selon Séoul
Cet exercice intervient quelques jours après le lancement d’exercices militaires conjoints qui doivent mobiliser jusqu’au 19 mars environ 18 000 soldats sud-coréens et des soldats américains. La puissante sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo-jong, avait mis en garde mardi contre des « conséquences terribles et inimaginables ».
Plus tôt, les forces armées de Séoul ont fait savoir avoir détecté samedi « environ dix missiles balistiques non identifiés lancés depuis la région de Sunan en Corée du Nord en direction de la mer de l’Est », faisant référence au nom coréen de la mer du Japon. Les missiles ont parcouru environ 350 kilomètres, a précisé l’armée. La Maison-Bleue présidentielle à Séoul a condamné « une provocation qui viole les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », et a exhorté Pyongyang à cesser immédiatement de tels actes.
Pyongyang a récemment douché les espoirs de détente diplomatique avec Séoul, dont Washington est un allié essentiel en matière de sécurité, en décrivant ses derniers efforts de paix comme une « maladroite farce trompeuse ».
Donald Trump espère une rencontre avec Kim Jong-un
L’annonce des tirs est intervenue quelques heures après que le premier ministre sud-coréen Kim Min-seok, en visite aux Etats-Unis, a rapporté à la presse que le président américain, Donald Trump, estimait qu’une rencontre avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, serait « une bonne chose ». Donald Trump pense qu’une rencontre « pourrait se produire lorsqu’[il ira] en Chine » pour sa visite prévue fin mars-début avril, ou « encore plus tard », a ajouté Kim Min-seok.
Washington mène depuis des décennies des efforts visant à démanteler le programme nucléaire nord-coréen, mais sommets ou sanctions ont eu peu d’effet. Ces derniers mois, l’administration Trump a cherché à relancer les discussions de haut niveau avec Pyongyang.
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Après avoir ignoré pendant des mois ces signes d’ouverture, le dirigeant nord-coréen a déclaré fin février que les deux pays pourraient « s’entendre » si Washington acceptait le statut de puissance nucléaire de Pyongyang.
Cette semaine, la Corée du Nord a procédé à des essais d’un destroyer pour montrer que sa marine se dote d’armes nucléaires.

