Country Joe McDonald en coulisse, lors du festival de Monterey (Californie), en septembre 1970.

Son intervention au festival de Woodstock (Etat de New York), en août 1969, est restée dans les mémoires, même si la date exacte – au premier ou au deuxième de ces « trois jours de paix, d’amour et de musique » – est toujours débattue. Le film documentaire de Michael Wadleigh (Woodstock, 1970) a en tout cas fixé pour l’éternité sur la pellicule un moustachu aux longs cheveux ceints par un foulard, portant lunettes noires et une veste de treillis kaki à même la peau. Armé d’une guitare sèche récupérée sur place et sanglée avec un bout de corde, Country Joe McDonald ressemblait à un vétéran de la guerre du Vietnam et haranguait la foule en lui faisant épeler puis scander le mot « F.U.C.K ». Avant d’enchaîner avec son hymne anti-guerre, « I-Feel-Like-I’m-Fixin’-to-Die Rag ».

Ce sont ces images qui viennent aussitôt à l’esprit après la mort du chanteur américain, samedi 7 mars à Berkeley (Californie), à l’âge de 84 ans. A Woodstock, Country Joe McDonald devait faire une autre apparition au troisième jour, accompagné cette fois sur scène par son groupe, The Fish. En rejouant sa chanson protestataire. Celle-ci avait été en fait écrite quatre ans plus tôt, à l’été 1965, avec des paroles résolument cyniques devant l’escalade guerrière : « Pourquoi nous-battons-nous ? Ne me demandez pas, je m’en fous/Le prochain arrêt est le Vietnam (…) Youpi ! Nous allons tous mourir. » « I-Feel-Like-I’m-Fixin’-to-Die Rag » devait donner son titre au deuxième album de Country Joe & the Fish, publié en novembre 1967, en l’ouvrant dans une ambiance surréaliste de fête foraine. Mais il existe une autre version, acoustique et antérieure de deux ans, qui fut distribuée avec un magazine underground sur le campus de l’université de Berkeley.

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