Première du concert hommage « Balavoine ma bataille », à l’Elispace de Beauvais, le 25 septembre 2025.

Le quarantième anniversaire de sa disparition est pour le moins paradoxal. La France célèbre la mémoire du chanteur et musicien Daniel Balavoine, mort à un âge christique (33 ans) dans un accident d’hélicoptère au Mali, le 14 janvier 1986, alors que le parti dont il n’aura cessé de combattre les obsessions pendant sa courte vie – le Front national, rebaptisé Rassemblement national – serait aux portes du pouvoir. Sa figure émerge ainsi du passé sur un mode mélancolique tant ce qu’il représente est aujourd’hui menacé : un homme humaniste, généreux et difficile à intimider.

Lire la critique de l’ouvrage « Génération Balavoine », de Didier Varrod (en 2016) : Article réservé à nos abonnés Balavoine, héraut contemporain

Avec huit albums enregistrés en une décennie (1975-1985), Daniel Balavoine incarne les engagements d’une gauche rebelle aux appareils dans les années 1980 : soutien à l’association SOS Racisme, créée en 1984 ; parrainage l’année suivante des Restos du cœur, dont il souffla l’idée à son ami Coluche ; défense des droits de l’homme avec Amnesty International ; distribution de pompes à eau pour les populations sahéliennes juste avant sa mort…

L’aura de celui qui affirmait ne pas être un héros est toujours intacte, et sa postérité régulièrement entretenue par les passages en radio de sa vingtaine de tubes, les télé-crochets, les concerts des Enfoirés ou des compilations : une énième, aussi peu originale que son titre, Le Meilleur de Daniel Balavoine, est commercialisée par la maison de disques Barclay à cette occasion. Avec ses amis Jean-Jacques Goldman et Michel Berger (1947-1992), il jouit enfin d’une popularité qui dépasse largement les amateurs de variété française, jusqu’à toucher des rappeurs tels Soprano ou Youssoupha.

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