
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Depuis plusieurs mois, l’Irak multiplie les initiatives visant à développer son industrie cinématographique. L’Iraqi Film Fund, un fonds soutenu par le bureau du premier ministre, a été lancé pour soutenir la production locale. Des professionnels doivent aussi être formés sur place au diagnostic, à l’inventaire, à la restauration et à la numérisation des archives de films. Et un accord a été passé à l’automne avec le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) français pour accompagner la mise en place de son équivalent irakien.
Autant d’actions qui devraient renforcer un écosystème en plein développement, dont Le Gâteau du président est devenu l’un des principaux étendards sur la scène internationale. Sélectionné en mai 2025 au Festival de Cannes − un honneur inédit pour une œuvre irakienne −, le long-métrage signé Hasan Hadi est reparti avec le Prix du public à la Quinzaine des cinéastes, mais aussi avec la Caméra d’or, récompensant le meilleur premier film toutes sections confondues.
Pour nourrir ce récit, le réalisateur, qui a travaillé par le passé dans le journalisme, s’est replongé dans ses souvenirs d’enfance. Le film se situe fin avril, dans les années 1990, peu avant l’anniversaire de Saddam Hussein, alors président de la République depuis 1979. L’invasion du Koweït a fait basculer l’Irak dans la première guerre du Golfe. Les bombardements américains frappent le pays et l’embargo international sur toutes les importations et exportations provoque une profonde crise alimentaire et sanitaire.
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