
Juste derrière les ArcelorMittal qui ouvraient le défilé dans les rues de Dunkerque (Nord) pour la journée de mobilisation du 18 septembre, des sidérurgistes de ThyssenKrupp étaient venus d’Isbergues, petite ville distante de 65 kilomètres. Ils prévenaient : « Vous n’allez pas tarder à entendre parler de nous, et ça ne sera pas des bonnes nouvelles. »
De fait. Après une interruption totale d’activité de leur usine entre le 15 décembre 2025 et le 15 janvier 2026, puis des mesures de chômage partiel, le fabricant d’acier à grains orientés, un matériau destiné aux transformateurs de postes électriques, d’éoliennes et aux panneaux photovoltaïques, sera totalement à l’arrêt de juin à septembre. « Depuis la reprise en janvier, on ne tournait qu’à 50 % de nos capacités », relate Alberto Blanco, secrétaire (CGT) du CSE. « Selon les services, on chôme entre quatre et six jours par mois, parfois huit », évalue-t-il. Un climat « d’insécurité et d’anxiété » qui régnait depuis des mois.
Une étape est encore franchie avec l’annonce, jeudi 26 mars, par la direction de la filière aciers électriques de ThyssenKrupp (ThyssenKrupp Electrik Steel – TKSE) de l’arrêt des machines pendant trois mois. Elle concerne 600 salariés, 550 en CDI et une cinquantaine d’intérimaires. Angelo di Martino, le président du directoire, justifie cette décision par « l’afflux ruineux d’importations [extra-européennes] à bas coût. Nous n’avons plus d’autre choix que de suspendre de nouveau la production ». Il assure que les prix pratiqués par certains pays sont « parfois nettement inférieurs aux coûts de production européens » et que cette fermeture est indispensable « pour stabiliser l’entreprise confrontée à une chute brutale des commandes ».
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