Sous une serre, un binôme plante des oignons. Sous une autre, place aux choux. A la ferme de la Villeneuve, à Plénée-Jugon (Côtes-d’Armor), la pluie incessante contraint les activités, mais pas de quoi s’ennuyer. « Ici, je fais de tout : de la récolte, de la culture, du désherbage… », décrit Julien Ermel dans sa tenue kaki de maraîcher.
Voilà cinq ans que le trentenaire à la voix douce a rejoint l’exploitation bio d’une centaine d’hectares en tant que salarié. Son contrat de 35 heures annualisées dans cette entreprise adaptée colle avec ses aspirations : « Apprendre tous les jours » et « faire quelque chose de bien » dans ce qu’il considère être un métier de conviction. « Je me suis demandé si je m’installerais. Mais je préfère être salarié. En tant que chef, si ça ne se passe pas bien, on peut vite craquer », commente ce gourmet au naturel anxieux.
D’après les données de 2023 établies par l’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’agriculture, les salariés représentent 272 270 équivalents temps plein, soit 41 % de la part totale des actifs de l’emploi agricole en France. Un chiffre en augmentation ces dernières années, contrairement au nombre de chefs d’exploitation qui ne cesse de diminuer, indique un rapport du même organisme de 2025. « Et pourtant, on est les grands oubliés. Qui fait tourner la boutique quand nos chefs vont manifester ? », clame Christian Lecat, ouvrier dans une structure polyculture légumineuses à Ennemain (Somme).
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