• Un joueur de rugby amateur a été frappé au visage par un adversaire ce dimanche, lors d’un match de championnat régional.
  • Le joueur agressé est toujours hospitalisé.
  • Le rugbyman amateur l’ayant grièvement blessé a été mis en examen mardi pour « violences volontaires » ce mardi.

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Le 20H

Noha s’est réveillé ce mardi matin, entouré de ses proches, après plus de 36 heures passées dans le coma. Dimanche, à quelques minutes de la fin d’un match de championnat régional, le jeune rugbyman amateur du club « US Séverac XV » réalise un plaquage sur un joueur de l’équipe adverse. Un troisième joueur lui assène ensuite un violent coup de poing. « Il est arrivé de là et puis boum, comme ça », mime Jean-Pierre Hérail, le président du club de la victime, dans le reportage en tête de cet article. « Il s’est effondré. On a cru qu’il était mort », poursuit-il, alors que le jeune homme de 23 ans a perdu connaissance. Il a rapidement été transporté par hélicoptère à Montpellier puis au CHU de Toulouse où il se trouvait encore lundi soir dans un état « toujours très inquiétant », selon le procureur de Rodez, Nicolas Rigot-Muller.

Cette agression s’est déroulée sur le terrain lors d’une rencontre opposant les équipes réserves de Régionale 2 de Séverac (Aveyron) et Maureilhan-Montady (Hérault). Mais ce coup n’a pas été donné lors d’une phase de jeu.

 » Noha s’exprime avec difficulté »

Ses grands-parents ont pu le joindre par téléphone. « Je suis monté dans l’hélicoptère à côté de toi mais tu n’as pas du tout réagi », lui raconte son grand-père lors de la conversation lors de laquelle Noha répond mais s’exprime avec difficulté. Dans cette famille de rugbymen, c’est la colère qui prédomine. « Ça arrive souvent des bagarres comme ça et plus ça va plus ça augmente, il n’y a pas assez de fermeté », déplore ce dernier. « C’est inadmissible, ce n’est pas du sport c’est de la méchanceté, de la violence gratuite », commente sa grand-mère.

L’agresseur présumé « a été mis en examen ce jour sous la qualification de violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente », a indiqué le procureur Nicolas Rigot-Muller, selon lequel l’état du blessé est désormais « stable ». « La juge des libertés et de la détention a été saisie d’une demande de placement en détention provisoire. Elle a décidé d’un placement sous contrôle judiciaire comportant des obligations de pointage hebdomadaire et de soins psychologiques », poursuit le procureur, dans un communiqué, précisant que le mis en cause aura interdiction « de se rendre dans tous les clubs de rugby » et d’« entrer en contact avec les joueurs des deux équipes ».

« Un avant et un après »

La Fédération française de rugby a affirmé dans un communiqué avoir « décidé de se porter partie civile dans le cadre de la procédure judiciaire en cours », condamnant « fermement l’acte insensé et inadmissible commis au cours de cette rencontre ».

La ligue régionale réfléchit à des sanctions plus strictes envers les clubs et les joueurs récidivistes. « Le pronostic vital du blessé, engagé au départ, semble levé ce (mardi) matin, avec une légère amélioration de son état de santé, à la satisfaction de tous », a souligné le président de la Ligue d’Occitanie de rugby Joël Castany, dans un communiqué diffusé mardi à la mi-journée. « L’émotion passée, la froideur de gestion reprendra ses droits ; il y aura un avant et un après », a ajouté le dirigeant.

« Dans la société, on se rend compte qu’il y a des phénomènes violents et le rugby n’est pas hermétique à cette situation. Donc, on met toutes les mesures en œuvre pour éviter que ça se développe et que ça se diffuse. Et encore une fois, ce n’est pas le rugby », commente pour sa part Stéphane Lapierre, secrétaire général de la ligue régionale dans la vidéo ci-dessus.

Une cellule psychologique a été mise à disposition des deux clubs concernés. « Face à la gravité des faits, la commission de discipline de la Ligue Régionale a été saisie », contre l’agresseur présumé, assure la FFR dans son communiqué, précisant que « des mesures exemplaires seront prises à la hauteur de la gravité des faits ».

La rédaction de TF1info | Reportage : Perrine MISLANGHE, Juliette BISIAUX et Marie CHEZALA.

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