
« Mes longs cheveux descendent jusqu’au seuil de la tour. » Lea Desandre déroule la première phrase a cappella qui ouvre la scène de la tour de Pelléas et Mélisande, ce moment-clé où tout bascule dans l’opéra de Debussy. La mélodie en boucle est sinueuse, ensorcelante : « Mes cheveux vous attendent tout le long de la tour. Et tout le long du jour. Et tout le long du jour… » L’amoureux interdit viendra-t-il tout de même se prendre au piège sensuel ? Chaque articulation, couleur, attaque, chaque placement de voix est passé au peigne fin : à 32 ans, la chanteuse, qui étrennera sa Mélisande – une importante prise de rôle – du 22 au 28 février à l’Opéra de Monte-Carlo, ne renoncerait pour rien au monde à l’oreille avisée de sa professeure de chant, Valérie Guillorit.
Nous sommes le 8 décembre 2025, dans une loge du Palais Garnier, où Lea Desandre incarne l’un de ses personnages fétiches, le fameux Cherubino des Noces de Figaro, l’irrésistible « papillon amoureux » de Mozart, repris en cette fin d’année 2025 avec la mise en scène de Netia Jones. Un rôle travesti abordé en 2021 au Festival d’Aix-en-Provence, et qui lui a ouvert les portes d’opéras prestigieux, du Festival de Salzbourg à l’Opéra de Zurich, en passant par Barcelone et Paris.
Il vous reste 85.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

