- Un peu plus de 108.241 appels de femmes victimes de violences ont été réceptionnés en 2025 par la Fédération nationale Solidarité Femmes, comme le révèle cette dernière ce jeudi.
- Si cette augmentation peut témoigner d’une libération de la parole, la recrudescence de ces chiffres est aussi le reflet d’un effacement du rôle des associations locales, faute de subventions de l’État.
Les coups de fil au 3919, la ligne d’écoute des femmes victimes de violences en particulier conjugales, ont augmenté de 7,8% en 2025, a annoncé jeudi 5 mars la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) qui la gère. En effet, 108.241 appels ont été pris en charge par les écoutantes du 3919-Violences Femmes, chargées d’informer les victimes de leurs droits et de les orienter vers des démarches adaptées, annonce Mine Gumbay, directrice générale de la FNSF.
Une telle augmentation est en effet révélatrice de deux évolutions de la prise en charge des victimes de violences conjugales. D’un côté, ces dernières parviennent à davantage prendre la parole, avec une ligne téléphonique bien plus connue et visible sur les réseaux sociaux ainsi que dans les médias. Cette hausse des appels révèle toutefois que les femmes peuvent moins compter sur des associations de proximité, parfois touchées par des baisses de subventions, selon Mine Gumbay.
Plusieurs types de violences cumulées
Les motifs de ces appels à l’aide sont quant à eux assez variés. Sur 63.500 appels concernant des violences conjugales, 85% concernaient des violences psychologiques comme l’emprise ou une dévalorisation, 71% verbales et 48% physiques. Les violences économiques, destinées à rendre la femme dépendante de son partenaire, comme interdire de travailler, subtiliser les moyens de paiement, concernent 23% des coups de fil passés. Près de 15% des appels portent sur des violences sexuelles, et 10% sur des cyberviolences conjugales comme la géolocalisation. Enfin 6% concernent des violences administratives telles que la confiscation des papiers d’identité pour une étrangère.
Surtout qu’au cours d’un seul appel, les femmes font souvent état de deux ou trois formes de violences cumulées. « Le métier des écoutantes évolue : elles écoutent de plus en plus souvent des témoignages lourds, évoquant des actes de torture et de barbarie. Elles doivent aussi répondre à des hommes masculinistes qui n’ont pas compris le sens du dispositif »
, souligne Mme Gumbay.
Un autre chiffre grossit en effet dans les registres téléphoniques de la FNSF depuis plusieurs mois, celui du nombre d’hommes se plaignant que la ligne ne leur soit pas ouverte et qui insultent ou dénigrent les écoutantes. « En 2025, ce sont près d’une quinzaine de questions au gouvernement demandant l’ouverture du 3919 aux hommes qui ont été pilotées par des membres de collectifs masculinistes »
, dénonce la FNSF. Faisant de ce rapport 2025 un bilan annuel en demi-teinte pour l’association d’aide aux victimes.

