• Les chenilles processionnaires sont déjà là en nombre, et très en avance, car il fait bien doux pour un mois de février.
  • À Sanary-sur-Mer, dans le Var, où s’est rendue une équipe de TF1, des habitants affirment ainsi n’en avoir jamais vu autant.
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Le 13H

Elles signent un retour très remarqué cette année. Des chenilles processionnaires, aux poils très urticants, ont déjà investi les parcs et jardins de Sanary. Au point que leur responsable, rencontré par notre équipe, a dû prendre la décision de fermer les jeux pour enfants en plein air, complètement infestés. « Ici, typiquement, on peut voir plusieurs stades de développement de chenilles », montre Pierre Lesage, surpris par l’ampleur du phénomène, dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article. « Moi, je n’ai jamais vu ça depuis que je suis à Sanary », témoigne-t-il, « c’est vraiment assez important. On essaie de faire ce qu’on peut avec nos moyens, mais malheureusement, on ne peut pas poser un piège sur chaque pin »

Il y a plus de 600 pins dans les jardins publics de la station balnéaire du Var. Alors même en dépensant près de 100.000 euros par an et en utilisant les grands moyens, la municipalité peine à faire face. Gardien du parc Victorin Blanc, Gilles David brûle des milliers de chenilles au pied des arbres, sans se faire d’illusions. « Dans une heure », prédit-il, elles seront aussi nombreuses au même endroit. 

Apparition de plus en plus précoce

Si elle déborde les pouvoirs publics, l’invasion n’épargne pas les particuliers. Depuis une semaine, Frédéric Torrelles intervient 5 à 6 fois par jour, notamment pour installer des « colliers » autour des arbres, qui piègent les chenilles lors de leur descente des arbres. C’est plus tôt que les autres années, constate ce directeur technique chez DKM Experts. « C’est de plus en plus tôt parce que les courbes de température, malheureusement, s’élèvent. On a moins d’hiver rigoureux, les printemps sont plus cléments et ça avance d’autant plus l’apparition des chenilles », résume-t-il. 

Frédéric Torrelles installe des pièges à chenille au pied des pins, à la période où elles quittent les arbres pour s’enfouir dans le sol. – TF1

Pondues par des papillons à la fin de l’été, les chenilles processionnaires du pin construisent leurs nids prioritairement dans ces conifères, mais aussi, plus rarement, dans des cèdres ou des sapins. À l’approche du printemps, les chenilles descendent des arbres pour s’enfouir dans le sol, où chacune va tisser un cocon et se transformer en chrysalide. C’est principalement à cette période que l’on peut se trouver sur la route des files indiennes caractéristiques de ces chenilles, qui leur valent leur nom. 

Et il faut agir le plus vite possible, car les chenilles processionnaires sont très dangereuses, notamment pour les enfants en bas âge, et les animaux domestiques, qui peuvent les ingérer. Attention aussi aux cocons, facilement reconnaissables au sommet des pins. Eux restent urticants pendant plusieurs années et un coup de vent peut vite les faire tomber au sol. « Le mieux à faire », préconise Frédéric Torrelles, « c’est de « prendre un sac poubelle, mettre les mains dans le sac poubelle, l’entourer pour le retirer et surtout veiller à brûler la zone avec un petit brûleur pour détruire les derniers poils urticants qui restent »

Des précautions qu’il faut bien garder en tête et pas seulement dans le sud. Avec le réchauffement climatique, l’espèce monte peu à peu vers le nord, et on retrouve aujourd’hui la chenille processionnaire du pin dans les trois quarts des départements français.

La rédaction de TF1info | Reportage : Philippe PERROT, Nicolas CARME

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