- À Lyon, la triangulaire pour le second tour des élections municipales se transforme en duel.
- Après l’alliance entre Grégory Doucet (Les Écologistes) et La France insoumise, le maire sortant va tenter de conserver son avance sur Jean-Michel Aulas (divers centre).
- Durant l’entre-deux-tours, les deux camps s’accusent de décisions « honteuses ».
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Élections Municipales 2026
C’est une histoire de « remontadas ». Longtemps en tête dans les sondages, Jean-Michel Aulas (divers centre, 36,78%) a été devancé par le maire écologiste sortant, Grégory Doucet (37,36%), dimanche 15 mars lors du premier tour des élections municipales à Lyon. « La remontada de Grégory Doucet est historique »
, a salué dans la soirée la patronne des Écologistes, Marine Tondelier. C’est désormais au tour de l’ancien président de l’Olympique Lyonnais de tenter d’inverser la tendance. Dans une ville où la participation (64,52%) a été largement supérieure à la moyenne nationale (57,17%), moins de 1.200 voix séparent les deux camps.
La dynamique n’est toutefois pas en faveur de celui qui fêtera ses 77 ans le jour du scrutin : aucun des candidats éliminés au premier tour n’a appelé à voter pour Jean-Michel Aulas au second. À l’inverse, Grégory Doucet a obtenu le ralliement de l’Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, troisième du premier tour (10,41%) et qui était en capacité de se maintenir. « Une honte »
, a immédiatement fustigé Jean-Michel Aulas, alors que les candidats de gauche arrivés en tête à Paris et à Marseille ont refusé la main tendue de LFI.
Jean-Michel Aulas convoite le centre gauche
Du côté de son entourage, on veut croire que cette alliance portera préjudice au maire sortant. « Elle suscite des interrogations réelles sur le terrain, y compris chez des électeurs qui avaient soutenu Grégory Doucet au premier tour »
, assure-t-on du côté de Cœur Lyonnais, le mouvement lancé par « JMA ». « Beaucoup ne se reconnaissent pas dans ce choix et cherchent une alternative. C’est précisément à eux que nous parlons. Il y a un espace important, notamment au centre et au centre gauche, pour une offre de rassemblement crédible et responsable. »
En ce sens, Jean-Michel Aulas a publié ce mercredi 18 mars une lettre ouverte en direction… des électeurs de Raphaël Glucksmann. Dans la capitale des Gaules, le cofondateur de Place publique, qui refuse la moindre alliance avec LFI, avait terminé en tête des élections européennes en 2024 (18,8%). « Se résoudre à soutenir Grégory Doucet, c’est fermer les yeux sur les conséquences de cette alliance »
, écrit-il. « Les décisions d’appareil ne doivent jamais s’imposer aux électeurs lorsqu’elles contredisent leurs convictions (…) Dimanche, ce vote sera aussi, qu’on le veuille ou non, un référendum : pour ou contre Jean-Luc Mélenchon. À Lyon, vous avez le pouvoir de trancher clairement. »
Lettre ouverte aux électeurs et soutiens de Raphaël Glucksmann . @rglucks1 pic.twitter.com/k1AYwO2fEx — Jean-Michel AULAS (@JM_Aulas) March 18, 2026
Pas de quoi faire changer de cap Grégory Doucet, qui ne masquait pas dès le premier tour sa volonté de s’allier avec LFI pour le second. Tout en restant très ferme sur le périmètre de cette alliance. « Nous ne changeons pas une virgule de notre projet »
, affirme auprès de TF1info Gautier Chapuis, adjoint écologiste au maire de Lyon. « La France insoumise ne participera pas à notre exécutif : il n’y aura pas d’adjoint insoumis, dans les arrondissements comme à la Ville. C’est notre ligne. »
« La honte, c’est d’avoir un mégatunnel comme programme »
Quant aux accusations « d’alliance de la honte »
portées par Jean-Michel Aulas, l’adjoint de Grégory Doucet préfère s’en prendre au fond du projet de son adversaire. « La honte, c’est d’avoir un mégatunnel comme programme »
, fustige-t-il, en référence à la volonté du candidat issu de la société civile de construire un tunnel sous la ville pour répondre aux problèmes de circulation. « La honte, c’est de vouloir
afficher le portrait de Quentin Deranque
, un identitaire, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de la capitale de la résistance. »
Le militant d’extrême droite radicale avait été tué en pleine rue, en février à Lyon.
Difficile de dire si ces positions controversées ont joué sur le score d’Aulas, dix points inférieur à ce qu’annonçaient certains sondeurs avant le début de la campagne. Elles sont en tout cas mises en avant par les Écologistes comme réponse aux attaques sur leur alliance avec LFI. « C’est un élément de langage qui vise à essayer de faire peur aux gens, mais j’aimerais qu’ils débattent de leur programme »
, martèle Gautier Chapuis. « À la fin, les électeurs votent pour un projet qui doit les rendre heureux
pendant six ans
. »
Aucun débat entre les deux hommes n’aura lieu dans cet entre-deux-tours, Jean-Michel Aulas ayant conditionné sa participation à l’absence d’alliance entre Verts et Insoumis. L’ancien président de l’OL rassemblera plutôt ses soutiens Place des Terreaux, jeudi soir. Un lieu pas choisi au hasard : c’est ici, face à l’Hôtel de Ville, qu’il a célébré tous les trophées de son club avec les Lyonnais. Il saura ce dimanche si rappeler ses succès dans la dernière ligne droite de la campagne aura été une stratégie gagnante.

