Les agents d’acteurs ont l’habitude de hiérarchiser les scénarios qu’ils envoient à leur client. Les projets de films les plus attendus, ceux produits ou réalisés par des poids lourds du métier, viennent en premier, avec un pitch étoffé. Les longs-métrages à petit budget ou signés par des inconnus suivent, expédiés en quelques lignes à peine pour que le comédien y jette un coup d’œil distrait.
Au début de l’année 2024, Alexander Skarsgård a consciencieusement lu cette liste des projets jugés négligeables. Parmi une dizaine d’autres, un titre l’a intrigué : Pillion. Le terme anglophone, connu des seuls motocyclistes, désigne le siège arrière d’un deux-roues et, par extension, son passager. L’agent en avait résumé l’intrigue en quelques mots : une romance dans le milieu sadomasochiste gay britannique entre un motard dominateur et un jeune homme timide et soumis.
« Reconnaissez que c’est étonnant », sourit malicieusement le comédien suédois de 49 ans, rencontré début février. Assis sur la terrasse de l’hôtel Chateau Marmont, à Los Angeles, haut lieu de la mythologie hollywoodienne, il parle de cette histoire pour le moins inédite sur les écrans, de « l’émotion » qui s’en dégage, de la « douceur » et de « la complexité des sentiments qui agitent les deux héros », lui-même incarnant le dominateur tout de cuir vêtu. L’autre rôle principal est tenu par l’Anglais Harry Melling, aperçu dans la saga Harry Potter en cousin odieux du célèbre sorcier.
« Et il arrive en microshort »
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