Une équipe scientifique américaine a conçu une application permettant à un dentiste, muni d’un simple smartphone, d’identifier un risque de cancer dans la cavité buccale en quelques minutes. Cette recherche, au stade de prototype, a pour objectif de répondre à une problématique mondiale : les professionnels dentaires, en première ligne en matière de prévention, peuvent avoir du mal à distinguer une lésion buccale bénigne d’une autre qui serait précancéreuse ou cancéreuse.
Le dispositif se veut « une aide au tri des patients afin de les orienter si nécessaire vers un spécialiste pour un examen plus approfondi », explique Ruchika Mitbander, autrice principale de la publication, dans Biophotonics Discovery, et chercheuse à l’université Rice (Houston). Cette scientifique dit avoir été notamment inspirée par de précédents travaux de « détection du cancer du col de l’utérus à l’aide d’imagerie mobile ».
« Mieux que l’œil humain »
Le premier défi de cette recherche, qui a duré six ans entre la preuve de concept et le prototype, précise Ruchika Mitbander, a été de constituer une base de données annotée suffisamment précise pour entraîner le système d’apprentissage machine. L’autre défi, ajoute-t-elle, a été d’optimiser l’algorithme, c’est-à-dire de minimiser les faux positifs et négatifs afin que l’application soit la plus sensible possible tout en n’alarmant pas trop les patients.
De Brest, Sylvie Boisramé, praticienne hospitalière de chirurgie orale et doyenne de la faculté d’odontologie, estime l’objectif de cette recherche pertinent. « Les cancers de la tête et du cou sont encore trop souvent diagnostiqués tardivement et les conséquences sont lourdes pour les patients. » Le point fort de ce prototype, estime-t-elle, est que « son œil augmenté fait mieux que l’œil humain – 60 % de sensibilité contre 0 % pour les dentistes testés. Son utilisation semble également facile et rapide dans un cabinet dentaire ou médical ».
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