Il a le regard du soldat persuadé que l’heure de la victoire est proche. Assis devant une voiture calcinée et un amas de tôle broyée, surplombant les eaux grises du Grand Zab, le fleuve qui serpente les larges vallées du Kurdistan irakien, Rebaz Sherifi parle de la chute du régime iranien comme d’une évidence : « L’heure est à la guerre depuis le ciel, celle d’une attaque au sol viendra en son temps et balayera d’un trait cette dictature honnie par toute la population, quelles que soient sa confession ou ses origines. »
A 38 ans, l’homme est commandant militaire de la base des combattants du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), une des formations kurdes de l’opposition iranienne, avec près de 1 000 soldats sous ses ordres.
Le camp est un des principaux centres de recrues parmi les Kurdes iraniens qui ont fui leur pays. Situé à une trentaine de kilomètres d’Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan en Irak, ce camp a été ciblé quotidiennement depuis le 28 février, date du début de l’opération militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran. Huit drones kamikazes Shahed et un missile balistique se sont abattus ici en l’espace de neuf jours. « Les drones nous laissent une vingtaine de secondes, prévient le responsable militaire. Les missiles, on ne les entend pas arriver. »
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