« Bonjour, je viens pour l’atelier poésie. Voulez-vous que je lise un poème à votre bébé ? » Mathilde Toulot, 46 ans, arpente les couloirs du service de réanimation et pédiatrie néonatales de l’hôpital Robert-Debré AP-HP, à Paris. Poussant devant elle un chariot rempli de livres, elle frappe à la porte des chambres occupées par des patients minuscules.

Cet après-midi de janvier, Aïchata (les personnes citées par leur prénom n’ont pas souhaité donner leur nom de famille), 36 ans, accueille avec un sourire ce moment particulier. Son dernier fils, Mustapha, est né il y a deux mois et demi, à 27 semaines de grossesse. Ce grand prématuré aux yeux fermés et au visage sage est lové dans ses bras.

A côté de son lit, des machines monitorent son rythme cardiaque, le taux d’oxygénation de son sang et la cadence de sa respiration. Insérées dans ses narines, deux petites canules assistent ses poumons immatures. Mathilde Toulot s’installe sur une chaise et lui adresse un premier poème. Le bip qui signalait une oxygénation un peu basse, cesse : « Ça l’apaise », s’émerveille sa mère.

A l’hôpital Robert-Debré, à Paris, l’éditrice Mathilde Toulot lit des poèmes au petit Mustapha, dans les bras de sa mère, le 6 janvier 2026.

Depuis septembre, les ateliers poésie de Mathilde Toulot sont proposés deux après-midi par mois dans le service de néonatologie. Le fruit d’une rencontre un peu miraculeuse entre cette ancienne rédactrice de mode reconvertie dans l’édition et Adèle Boulanger, orthophoniste.

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