Autrefois, les naufrages étaient considérés comme des cadeaux de la mer par les habitants des côtes, le droit de bris leur conférant la propriété de l’épave échouée et de ses cargaisons. C’était, en quelque sorte, les prémisses de l’économie circulaire, où rien ne se perd. Le problème s’est ensuite inversé : les vieilles carcasses – voitures, réfrigérateurs… – s’accumulent et s’en débarrasser peut coûter cher. Sauf à fomenter un cartel des épaves.
La Commission européenne a infligé, mardi 1er avril, une amende de 458 millions d’euros à 15 constructeurs automobiles pour avoir participé pendant quinze ans à une entente illégale sur le recyclage des véhicules en fin de vie. Volkswagen (128 millions d’euros), Renault-Nissan (81 millions) et Stellantis (75 millions) sont les plus pénalisés. Mercedes a été épargné pour avoir dénoncé le cartel.
Ces constructeurs se sont arrangés pour refuser de payer les services des épavistes, arguant en chœur que le désossage des voitures assurait un profit suffisant. Une directive européenne, en effet, prévoit que le coût du démantèlement des véhicules doit être supporté par les fabricants. Par ailleurs, les membres de l’entente se sont également mis d’accord pour ne pas communiquer sur le pourcentage de matériaux recyclés utilisés dans leurs cylindrées, histoire de ne pas se faire concurrence sur un thème auquel les consommateurs sont pourtant sensibles.
Au pire moment pour l’industrie
Il s’agit d’une vieille affaire, commencée en mai 2002 et s’achevant en septembre 2017, plaident les constructeurs, l’époque, en fait, où Volkswagen truquait ses moteurs diesel pour contourner les règles antipollution. A force, ces scandales nuisent à l’image des constructeurs. Surtout, cette sanction tombe au pire moment pour l’industrie, fragilisée par les 25 % de droits de douane imposés par Donald Trump et la domination de la Chine sur les voitures électriques. En France, les ventes patinent. En mars, le marché des voitures neuves a chuté de 14,5 %.
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