« Cette page, créée au cours de la campagne municipale 2020, va fermer dans quelques jours. » Le 3 novembre 2020, Nicolas Bouche (divers centre), élu cinq mois plus tôt maire de Lambersart (Nord), une commune cossue de 28 000 habitants de la métropole lilloise, annonce par un post Facebook son retrait des réseaux sociaux. Depuis, on ne l’y a plus revu. Tandis qu’il brigue un second mandat, l’édile de 55 ans au regard espiègle balaie toute intention d’y faire son retour, malgré les élections municipales de mars qui approchent.
Seule la mairie, en tant qu’institution, reste présente sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram et TikTok. A rebours d’une classe politique encline à se ruer sur ces outils aujourd’hui jugés incontournables en matière de communication politique et garants de visibilité, certains maires de France ont choisi d’y renoncer lors de la campagne du prochain scrutin.
Un pari risqué ? « Je l’ignore », avoue Nicolas Bouche, qui explique avoir cédé, il y a six ans, à cette communication digitale, davantage par mimétisme que par conviction. « En 2020, c’était une évidence, poursuit-il. Il fallait avoir une page Facebook pour propager les nouvelles. Tout le monde faisait ça. Mais avec le recul, il m’est impossible de savoir si ces réseaux ont vraiment été bénéfiques à mon élection. Ma seule certitude aujourd’hui, c’est qu’ils sont un poison. »
Psychiatre en ville, l’édile dit en mesurer les ravages psychologiques sur ses patients : « Ethiquement, je me devais d’être cohérent et ne pas promouvoir un outil que je juge néfaste. » En tant que maire, il regrette que les réseaux sociaux soient devenus « un endroit où on se dispute, pas où on discute ».
Insultes et menaces
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