Il est rare que Montargis fasse la une de l’actualité − généralement, ce n’est hélas pas pour le meilleur. Divine Kinkela, 58 ans, est une aide-soignante originaire de la République démocratique du Congo. Le temps d’une campagne électorale, pour les législatives de juin-juillet 2024, elle s’est retrouvée au centre de l’attention et a été, à son corps défendant, l’un des moteurs de la mobilisation qui a privé le Rassemblement national (RN) d’une victoire qui semblait lui tendre les bras au second tour.
Toujours élégante et bien mise, Divine Kinkela reçoit sur le perron de sa maison avec une timidité apparente, dont on comprend au bout d’une heure et demie qu’elle n’est que le paravent d’une grande détermination et d’un calme à toute épreuve. Arrivée en France en 1995, elle a exercé plusieurs métiers et a déménagé souvent avant de s’installer à Montargis en 2015 avec son second mari, Roger, d’origine congolaise lui aussi. Ils y ont acquis l’année suivante un ensemble de petites maisons basses, hangar et terrain appartenant à une entreprise de construction non loin de la gare, dans un quartier modeste et calme.
A partir de 2020, Divine Kinkela passe plus de temps en Haute-Savoie pour se rapprocher de son mari, qui a trouvé un poste de chaudronnier aéronautique à l’aéroport de Genève. Elle met une partie de sa maison en location. « Tout allait bien et à un moment, la locataire a cessé de payer ses loyers. Je suis venu voir quel était le problème et elle m’a dit : “Je suis pas là pour t’enrichir”. Je n’ai pas tout de suite compris d’où elle sortait ça, mais ça m’a mis la puce à l’oreille. » Finalement, la locataire est expulsée pour loyers impayés et, comme Roger venait de trouver un poste en région parisienne, la famille est revenue à Montargis en 2023.
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