
Comme souvent, la phrase n’avait pas été pensée pour devenir un slogan. Lorsque la chancelière Angela Merkel prononce le désormais fameux « Wir schaffen das » (« nous y arriverons »), le 31 août 2015, lors d’une conférence de presse, affirmant ainsi sa confiance dans la capacité de l’Allemagne à intégrer les centaines de milliers de réfugiés qui se pressent à ses frontières dans le sillage de la crise en Syrie, elle ne se doute pas que celui-ci va lui « exploser à la figure », comme elle l’écrit dans ses Mémoires. Encore moins qu’il ferait encore les gros titres, dix ans plus tard.
« Nous n’y arriverons pas », décrétait ainsi, le 20 janvier, le candidat Friedrich Merz, aujourd’hui chancelier, pendant une campagne pour les élections législatives du 23 février marquée par une succession d’attaques meurtrières perpétrées par des personnes issues de l’immigration. « Nous n’y sommes manifestement pas parvenus », répétait-il encore lors de son interview d’été du 13 juillet, cherchant à nouveau à se démarquer de l’héritage de sa prédécesseure, que la droite allemande accuse d’être à l’origine de la montée de l’extrême droite depuis dix ans. Entre 2 millions et 3 millions de réfugiés sont arrivés en Allemagne au cours des dix dernières années, dont 1,1 million en 2015 et 2016, puis un peu plus de 1 million d’Ukrainiens après 2022.
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