- Depuis le début du conflit, comment savoir ce que pensent vraiment les 90 millions d’Iraniens ?
- On estime qu’avant la guerre, 20% soutenaient la dictature islamique.
- Une équipe de TF1 a réussi à recueillir quelques rares témoignages à l’intérieur du pays.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Encore sonné par le souffle de l’explosion, un Iranien filme son appartement à Téhéran. En nous envoyant les images que l’on peut voir en tête de cet article, il prend un risque, car le régime iranien interdit toute diffusion de vidéos. Mais cet habitant souhaite à tout prix témoigner de la situation sur place. « Un missile a frappé près de chez nous. Pendant 20 minutes, j’ai cherché mon fils dans la fumée. Ils balancent 30, 40 bombes par jour. La situation est catastrophique »,
témoigne-t-il dans le reportage ci-dessus. Il a roulé pendant 11 heures avec sa femme et ses enfants vers le nord du pays pour se mettre en sécurité.
La nuit dernière, ils ont bombardé notre ville. C’était terrifiant parce que c’était tout près de notre maison.
La nuit dernière, ils ont bombardé notre ville. C’était terrifiant parce que c’était tout près de notre maison.
Une étudiante
Même sort pour deux étudiantes que les journalistes de TF1 croisent à la frontière avec la Turquie. Elles leur racontent, avec une vidéo qu’elles ont filmée furtivement, leur départ en pleine nuit. « La nuit dernière, ils ont bombardé notre ville. C’était terrifiant parce que c’était tout près de notre maison. On a ressenti le souffle de l’explosion »,
expliquent-elles dans la vidéo. Un départ forcé et douloureux. L’une de ces jeunes filles pleure. Elle indique que c’est « à cause de son père et de sa mère qui restent, que je laisse là-bas, à cause de toute la situation ».
Notre journaliste, Anne-Laure Banse, leur pose la délicate question : « Pensez-vous que le régime peut tomber ? »
, demande-t-elle. « Nous n’avons pas la réponse à cette question (…) Dieu décidera »,
disent-elles. Si certains ont pu fuir, d’autres sont toujours sous les bombes. Comme cet habitant à Téhéran qui souhaite rester anonyme pour sa sécurité et que l’équipe de TF1 a réussi à contacter. « Le bruit des avions de chasse résonne constamment dans le ciel de Téhéran. Vous avez entendu, ils viennent de frapper une autre cible. L’explosion était si proche. Les forces gouvernementales sont toujours déployées dans les rues et aux entrées de la ville, afin d’empêcher de nouvelles protestations »,
raconte-t-il.
Si les frappes ont touché les sites stratégiques du régime, les Gardiens de la Révolution, eux, sont toujours bien présents dans les rues de Téhéran.

