- Dans la guerre qui oppose l’Iran à Israël, l’État hébreu bénéficie de services de renseignements qui ont mis en place un système de recoupement d’information à la pointe de la technologie.
- Israël compte également sur les informations d’Iraniens recrutés, parfois par esprit de vengeance contre le régime autoritaire.
- Découvrez ce document de TF1 sur les espions israéliens.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Dans la guerre qui l’oppose à l’Iran, Israël semble avoir toujours une longueur d’avance. Et pour cause : les services de renseignements israéliens sont à la fois à la pointe de la technologie, mais ont également recruté des agents capables de se fondre au sein de la société iranienne et de rapporter des informations qui permettent à l’État hébreu de frapper à des points stratégiques.
« En Iran, il y a une armée entière qui travaille pour le Mossad et la CIA, »
explique à TF1 Raphaël Jérusalmy, ancien membre du renseignement militaire israélien, dans le reportage visible ci-dessus. « Toutes les éliminations ciblées qui ont eu lieu en Iran ou ailleurs, de Tsahal et du Mossad, c’est 50% grâce à la complicité locale. »
Des sortes d’agents doubles, des Iraniens recrutés parfois par soif de vengeance contre le régime autoritaire, ou amadoués par la promesse d’accès à des soins médicaux ou des études à l’étranger. Israël compte également sur les juifs iraniens qui ont fui la révolution islamique de 1979. « Nous avons aujourd’hui 150.000 juifs israéliens dont la langue maternelle est le persan, et qui connaissent les coutumes, la gestuelle, et qui peuvent se conduire comme un Iranien, donc très facile à infiltrer. »
Des armes de pointe
Les services israéliens sont ainsi bien renseignés, mais également bien équipés, avec des armes de pointe capables de causer d’importants dégâts. En juin 2025, des agents équipés de drones-suicide ont notamment détruit des systèmes de défense aérienne iraniens, laissant le champ libre à Israël pour mener ses attaques contre l’Iran.
Pour la première fois, le Mossad a même fait la publicité de cette opération commando en territoire ennemi : « C’est un message direct envoyé aux officiels iraniens pour leur dire
‘Regardez ce que nous sommes capables de faire sur votre sol, et surtout, vous ne pouvez rien empêcher’« ,
explique Gili Cohen, journaliste pour la télévision israélienne.
L’année précédente, le Mossad avait déjà réalisé une opération spectaculaire en piégeant des milliers de bippers appartenant à des membres du Hezbollah, qui avaient explosé dans les mains de ces miliciens. Le type d’opération qui se planifie sur des années et qui a permis au Mossad d’éliminer de manière ciblée les plus hauts responsables iraniens.
Cette unité pilier des services de renseignement
Depuis quelques années, l’intelligence artificielle se mêle également à cette guerre, et Israël compte désormais sur une entité devenue aujourd’hui un pilier de ses services de renseignement : l’unité 8.200. Les seules photos officielles de cette unité datent aujourd’hui de dix ans, et montrent des agents en uniforme kaki devant un écran. Des agents sélectionnés dès le lycée parmi les meilleurs élèves en maths et en langues, capables de relier des milliers d’écoutes et des micro-informations qui, grâce à l’intelligence artificielle, deviennent exploitables.
C’est ainsi que l’armée israélienne a pu éliminer Ali Khamenei, le guide suprême iranien. « Si par exemple, on nettoie un tapis rouge dans une mosquée au nord de Téhéran, l’information en elle-même ne veut absolument rien dire. Mais si on sait qu’à chaque fois que l’ayatollah Ali Khamenei va faire une prière dans un autre bunker, ce tapis est nettoyé, alors l’intelligence artificielle peut remarquer que ces deux choses arrivent toujours en parallèle, »
explique Dov Alfon, directeur du journal Libération,
qui a fait partie de cette unité de l’élite israélienne.
En 2020 déjà, Israël avait utilisé l’intelligence artificielle pour éliminer Mohsen Fakhrizadeh, le numéro un du nucléaire iranien. En utilisant l’intelligence artificielle, un logiciel de reconnaissance faciale avait permis de reconnaître Mohsen Fakhrizadeh et de déclencher, à des milliers de kilomètres de distance, une arme à feu cachée sous une cargaison de bois à l’arrière d’un camion.
La technologie avait également permis au Mossad d’éliminer Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, victime d’une frappe ciblée dans son bunker à Beyrouth en septembre 2024.

