Ce mercredi 2 avril, baptisé « Liberation Day » par Donald Trump, la guerre commerciale totale qu’il a lancée est entrée dans le dur, avec l’annonce d’une nouvelle salve de taxes douanières. Elles viseront, a-t-il dit depuis la roseraie de la Maison Blanche, les produits des (très nombreux) partenaires « qui nous arnaquent ». A partir du jeudi 3 avril, notamment, toutes les automobiles importées doivent être taxées à 25 %, comme le sont déjà l’acier et l’aluminium achetés à l’étranger… La quasi-totalité des économistes crient au fou, mais le fou n’en a cure.

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Donald Trump s’inspire d’un modèle qui sent la naphtaline : William McKinley, son prédécesseur à la Maison Blanche de 1897 à 1901. « Nous étions un pays très riche [à cette époque], et nous allons faire de même aujourd’hui », assurait-il pendant la campagne, oubliant la sinistre part d’ombre de ce qu’on appelle le « Gilded Age » (« âge doré » ou « âge du toc ») : la pauvreté avait atteint des proportions monstrueuses et les gouvernements étaient gangrenés par la corruption. A lire les historiens, à l’exception de grandes fortunes, John D. Rockefeller dans le pétrole, J. P. Morgan dans la finance et autre Andrew Carnegie dans l’acier, très peu d’Américains ont bien vécu cette fin de XIXᵉ siècle.

Donald Trump adore William McKinley parce que, dit-il, c’était un « un businessman à succès » – en fait pas du tout : c’était un avocat – et sans doute aussi parce qu’au terme d’une guerre très courte il avait amené l’Espagne à céder Cuba, Porto Rico et les Philippines aux Etats-Unis. Surtout, s’enthousiasme-t-il, William McKinley est « The Tariff King », celui qui a « rendu notre pays très prospère grâce aux droits de douane et à son talent ». Il l’aime tellement qu’il a décidé, dès son investiture, de rendre au plus haut sommet des Etats-Unis le nom de mont McKinley qu’il a longtemps porté. Sous Barack Obama, le nom autochtone, Denali, avait en effet été restitué à cette montagne d’Alaska. Du wokisme aux yeux des trumpistes.

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