Le président américain, Donald Trump, à bord d’Air Force One, le 22 janvier 2026.

Des propos de Donald Trump affirmant que les alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) étaient « restés un peu loin des lignes de front » en Afghanistan ont suscité vendredi 23 janvier des réactions indignées au Royaume-Uni, le gouvernement accusant le président américain de « faire erreur ».

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Dans une interview accordée jeudi à la chaîne américaine Fox News, le chef de l’Etat américain a critiqué le rôle des autres pays membres de l’OTAN, assurant que les Etats-Unis n’ont « jamais eu besoin d’eux ». « Ils diront qu’ils ont envoyé des troupes en Afghanistan… et c’est vrai, mais ils sont restés un peu en retrait », a-t-il déclaré, en référence à l’intervention d’une coalition internationale menée par les Etats-Unis pour chasser Al-Qaida de ses sanctuaires après les attentats du 11 septembre 2001.

Le président américain « fait erreur en minimisant le rôle qu’ont joué les troupes de l’OTAN, notamment les forces armées britanniques », a réagi vendredi à la mi-journée un porte-parole du premier ministre britannique, Keir Starmer.

« Nous sommes extrêmement fiers de nos forces armées, et leur service et leur sacrifice ne seront jamais oubliés », a-t-il poursuivi, évoquant le tribut payé par Londres dans cette intervention militaire, avec la mort de 457 de ses soldats. Il s’agit du plus lourd bilan derrière les Etats-Unis, qui ont perdu plus de 2 400 soldats en Afghanistan. Plus de 150 000 membres des forces armées britanniques ont été déployés en Afghanistan entre septembre 2001 et août 2021.

« Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice ? »

Plus tôt, sur la chaîne Sky News, le secrétaire d’Etat britannique à la santé, Stephen Kinnock, qui s’exprimait au nom du gouvernement, avait jugé les commentaires de Donald Trump « profondément décevants ». Le ministre de la défense, John Healey, et la ministre des affaires étrangères, Yvette Cooper, ont eux aussi rappelé les pertes britanniques.

La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a dénoncé des propos « absurdes ». « Les troupes britanniques, canadiennes et de l’OTAN ont combattu et sont mortes aux côtés des Etats-Unis pendant vingt ans. C’est un fait, pas une opinion. Leur sacrifice mérite le respect, pas le dénigrement », a-t-elle écrit sur X.

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La présidente de la commission parlementaire des affaires étrangères, la députée travailliste Emily Thornberry, a estimé, elle, que ces propos étaient « une insulte » pour les familles des personnes décédées. « Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice ? », a aussi réagi le chef du Parti des démocrates libéraux – souvent abrégé LibDem –, Ed Davey, sur X.

Les propos du président américain ont aussi fait réagir en Pologne. « J’exige et j’attends partout du respect à l’égard des vétérans de l’armée polonaise, des vétérans des missions à l’étranger, des vétérans qui ont prouvé combien ils savent servir admirablement la patrie et nos engagements alliés », a déclaré aux journalistes le ministre de la défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, rappelant que 43 soldats polonais étaient morts en mission en Afghanistan.

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La France, qui a été présente militairement en Afghanistan de 2001 à 2014 et a compté jusqu’à près de 4 000 soldats dans ce pays au plus fort de l’engagement de l’OTAN, a, elle, perdu 89 soldats. « Que les fantômes des 1 000 soldats européens et canadiens tombés en Afghanistan viennent te hanter », a écrit sur X Michel Goya, ancien colonel de l’armée de terre reconverti en analyste militaire, en réponse à Donald Trump.

Parmi les autres alliés de l’OTAN, le Canada a perdu 158 soldats en Afghanistan, selon un site gouvernemental. Le Danemark recense, de son côté, 44 soldats morts, dont 37 au combat.

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Le Monde avec AFP

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